mercredi 13 juin 2012

Ni-ni ou la fin de droite prétendument républicaine


Le bureau politique de l'UMP a donc décidé de la stratégie de l'UMP piur le 2nd tour des élections législatives : le ni-ni ! ni alliance avec le FN (on verra), ni appel au vote PS/EELV en cas de 2nd tour FN/PS ni retrait du candidat UMP en cas de triangulaire FN/PS/UMP avec un candidat UMP en 3e position. Voilà donc le front républicain (qui de toute l’histoire n’a jamais été appelé et formé que par la gauche, et ce  pour faire face aux diverses formes de fascismes) passé à la trappe.
Les électeurs de gauche ont soutenu Jacques Chirac en 2002, et celui-ci a gouverné comme s’il avait été par son camp. Mais aujourd’hui, l’UMP n’a en cure. Courrons derrière le FN  puisque c’est électoralement payant (surtout au niveau local car nationalement, le fusil Sarkozy fut un fusil à un coup).
Le PS a lui clairement toujours appelé à faire barrage au FN, faut-il le rappeler.
Le ni-ni est sûrement ce qu’attend l’électorat de droite, mais est-ce cela la dignité de la politique ?

Source yahoo.fr :
Dès dimanche soir, Nadine Morano, en ballottage difficile et qui a échappé à la 'liste noire' de Marine Le Pen, avait appelé les électeurs du FN à se reporter sur sa candidature sans "aucun état d'âme". Elle réitère ses propos dans l'hebdomadaire d'extrême droite Minute.


La droite républicaine n'existe plus en France, a estimé pour sa part le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, au lendemain de la décision par l'UMP de ne pas soutenir la stratégie PS de désistement réciproque contre le FN au second tour des élections législatives.
"Cette droite républicaine, qui aujourd'hui n'existe plus, n'a plus de clarté idéologique, n'a plus de principes, n'a plus d'ordre, qui est dans la confusion absolue, et qui est en train de tomber dans le piège que lui tend Marine Le Pen, d'un côté on ne condamne pas le Front national, et de l'autre coté on subit les listes noires", a-t-il dit sur Europe 1.

vendredi 8 juin 2012

Une belle lettre de Phlippe TORRETON adressée à Jean FERRAT

Une très belle lettre de Philippe TORRETON à Jean FERRAT :

Jean,
J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées, je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave!

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir,

celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons,

celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes,

celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés,

celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers,

celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux,

de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...

Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas?

Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France. Écris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !

Jean, l'huma ne se vend plus aux bouches des métros, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs...

Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l'Elysée pour avoir l'honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...

Jean, l'argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autre du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l'on ose donner des leçons de civilisation au monde...

Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".

Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.

Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies les jacqueries!

Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade...

Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés...

Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54 par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été. Je l'aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...

Jean, je voudrais tellement t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...

Je t'embrasse.

Philippe Torreton

vendredi 1 juin 2012

Le changement, c’est maintenant ?


Espérons que le nouveau quinquennat sera très différent du précédent. Il fut, à l’image de la campagne présidentielle, indigne, et rempli de mensonges éhontés (non que le mensonge politique soit la propriété de la droite, mais ministres, députés, et président UMP ont accumulé la propagande la plus infâme), sécuritaire (mais sans résultats sur le terrain). Que désormais la droite revienne à ses critiques éculées et d’une malhonnêteté intellectuelle rare, c’est pitoyable mais attendu. Dire que François Hollande serait le candidat d’un camp, alors que Sarkozy fut celui de l’UMP durant tout le mandat ! dire que la gauche est angélique sur les questions de sécurité et de justice, alors que l’abrogation de la réforme sur le droit des mineurs ne revient pas à exonérer les jeunes délinquants mais à rétablir des tribunaux avec des magistrats compétents et un juste équilibre entre travail de prévention et punition adaptée.  L’UMP a beau dire n’avoir jamais conclu d’alliance avec le FN, cela ne tient pas la route. Charles MILLON a tenu le conseil régionale Rhône-Alpes en s’alliant avec le FN. Il y a de plus, dans le discours, l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre la « droite populaire » et le FN jeanmarinesque. Christian Vaneste aurait été exclu de l’UMP nous a-t-on seriné (Sarko, Coppé) : c’est faux !
La finance mondiale aurait été régulée par Sarko et les paradis fiscaux mis hors de nuire (Sarko l’a dit à plusieurs reprises, histoire de faire président du peuple) : rien n’est plus faux. Ca ne sont pas les mesurettes applicables en 2013 qui changeront quoi que soit.
Sarko a foulé aux pieds les valeurs républicaines et les institutions (dont il était constitutionnellement le garant), tout en clamant, la main sur le cœur, qu’il n’y avait pas plus républicain que lui. Présomption d’innocence bafouée (cf les affaires Yvan Collona et Dominique de Villepin), critiques de décisions du Conseil d’Etat, multiplications des fichiers de police, pressions sur les patrons de presse, mépris de la presse internationale, mépris des dirigeant européens (tout le monde était nul du temps de Sarko, de Merkel à Obama en passant par Cameron et le gouvernement Fillon, sauf lui).
La poissonnière Morano nous dit (éléments de langage de l’Elysée) que si le PS emporte les législatives, nous serions plus en démocratie avec les grandes villes, les conseils généraux, les régions, le Sénat, l’Assemblée Nationale, le président. Doit-t’on rappeler à Morano que tous ont été portés au pouvoir par le peuple à travers le suffrage universel (sauf les sénateurs). Donc pour Morano, quand le peuple décide de voter à gauche dans les grandes villes, dans les cantons, dans les régions, aux législatives et à la présidentielle, c’est un déni de démocratie !
Sobriété, dignité, respect du peuple : nous étions loin du compte de 2007 à 2012.

samedi 21 janvier 2012

Afghanistan : une désillusion prévisible


Ainsi donc, une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy "gouverne" à l'émotion, sur un coup de tête, de manière irréfléchie. Il montre là encore qu'il n'a aucune des qualités pour être à la tête du pays. Quatre nouveaux militaires sont morts en Afghanistan, et la question d'un retrait anticipé est annoncé par N.S.
Mais ce retrait devrait être totalement décorrélé du nombre de morts dans nos rangs. On ne retire pas des troupes, au surcroît professionnelles, parce que "l'Afhanistan ça commence à suffir". A force de mépriser les conseils et analyses du renseignement militaire et de l'Etat-Major, le pouvoir politique va dans le mur. Incapable, comme de tous temps les divers pouvoirs politiques occidentaux l'ont toujours montré, de comprendre un pays comme l'Afghanistan. Croyant qu'à force de déployer hommes et matériels, on soumettrait ce pays féodal. Ce pays, comme l'Irak, n'a pas à être soumis, qui plus est par des nations étrangères. Ce pays restera insoumis, quelque soit l'attitude de N.S.
Afghanistan : ECHEC
Irak : ECHEC (le pays est à feu et à sang. Les communautés religieuses se haïssant comme rarement. Le premier ministre et la constitution ont été imposés par les USA : bravo !).
Pakistan : ECHEC (Les USA en avait fait un allié dans la région. Mais faute d'être en capacité de comprendre le pays, ils se sont fait blousés. L'épisode de la capture et de l'exécution sans procès de Ben Laden est non pas un succès, mais une nouvelle barbouzerie de la CIA).
Israël/Palestine : ECHEC (Depuis 35 ans, la solution de pays n'a jamais été aussi inaccessible et peut-être définitivement).

Les occidentaux ont rarement la possibilité de comprendre les sociétés orientales (Proche-Orient, Moyen-Orient, Extrême-Orient). Seuls quelques diplomates, attachés militaires, intellectuels, artistes, ont (et ont eu dans le passé) une connaissance assez fine de la complexité de l'histoire, de la géographie, des relations sociales. Toute action politique basée sur une cécité géo-stratégique est vouée à l'échec. L'action lancée en novembre 2011 était vouée à l'échec. Faut-il rappeler qu'elle faisait suite à l'émotion intense suscité aux USA (et ailleurs) par les attaques du 11 septembre. G W Bush était lui aussi gouverné, dominé, par ses émotions. Intellectuellement faible, sans réelles connaissances historiques, sans finesse , sans projet de société, lié au lobby militaro-industriel, va-t'en-guerre. Tout comme N.S. aujourd'hui en France.
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jeudi 19 janvier 2012

Les bouffons étaient drôles autrefois

La Sarkozye se rapprochant dangereusement du gouffre, les derniers chiens de garde occupent la scène médiatique et s’agitent pitoyablement. Car il s’agit bien de théâtre, mais le script est mauvais et les acteurs médiocres en diable. Autrefois, sous les règnes de divers monarques, la cour appointait un ou des bouffons. Contre-pouvoir, ou à tout le moins poil-à-gratter, si le roi n’était pas fermé outre mesure à toute critique, outre la pratique indispensable de l’humour, leurs saillies, leurs railleries des travers du pouvoir étaient salutaires. Aujourd’hui en Sarkozye, plus aucune critique n’est tolérée par le pouvoir. A l’évidence, la rupture est consommée avec les Français, mais à l’Elysée tout continue comme avant (la pseudo-République des copains-coquins). La malhonnêteté intellectuelle atteint des sommets : on en vient à contester l’incontestable quand les chiffres ne correspondent pas à la vision du président. Le prétendu sommet social d’hier participe de cette bouffonnerie que les Français ne supportent plus. La situation sociale se dégrade de mois en mois, mais les chiens de garde prétendent que la capitaine est à la barre et qu’il a six cerveaux. On a plutôt l’impression d’être sur le Costa Concordia.

dimanche 17 juillet 2011

Frenchie Joly ....

Ainsi donc, nos populistes de la sarkozye rance (Fillon, Guaino, Pécresse), sont ils tombés à bras raccourcis sur la (trop) progressiste candidate d'EELV , Eva Joly en ce 14 juillet. Parce qu'aujourd'hui, être antimilitariste, comme hier du temps des "évènements d'Algérie", c'est être taxé d'antipatriote et de tenant de l'anti-France.
« J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé (militaire) par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent. »
Aïe, tout ce que la France, pauvre d'elle, compte de racistes patentés ou de gens paumés qui votent FN, de la droite national(ist)e aux pitoyables ministres de la République de plus en plus outragée, tous se sont élevés contre les propos plein de bon sens et de valeurs authentiquement républicaines. Mais voilà, Eva Joly n'est pas née sur le sol français et c'est une femme. Dans le paysage actuel, deux tares qui vous plombent d'avance pour les élections présidentielles de 2012. Eva Joly est"bi-nationale", puisque tout à la fois Norvégienne de naissance et Française. Elle qui se revendique légitimement comme européenne, méconnaîtrait donc l'histoire et les valeurs de la France (dixit Fillon dans un accès de xénophobie). Mais qui connaît l'origine de notre 14 juillet tel que fêté depuis les années 1880 ? il ne s'agit pas de commémorer la prise de la Bastille (14/7/1789) ni de la fête républicaine de la Fédération (14/7/1790), mais une institution surannée qui n'a d'équivalent que dans les régimes autoritaires : Chine, Russie, Cuba, dans le monde arabe ! que de beau monde ! la Sarkozye ne finit plus de tomber dans les plus bas-fonds de la politique et de l'idéologie puante. Que de ressemblances avec les propositions du FN ou du pétainisme. Des pseudos débats sur l'identité national, l'islam de France, à la chasse aux précaires (chômeurs, sans-bri, Tziganes, travailleurs pauvres), de la stigmatisation des étrangers au soutien affiché depuis tant d'années à nombre de régimes dictatoriaux, de la Françafrique qui ulcère les Africains aux engagements pus que douteux sur divers théâtres d'opérations extérieurs, la France s'avilit chaque jour un peu plus. Réjouissons-nous qu'une Eva Joly puisse tenir un langage sain et tente de redonner ses lettres de noblesse à la politique. L'écologie politique est une alternative indispensable face à un PS coupé de longue date de la masse des ouvriers/employés, face aux défis environnementaux, aux crises à répétition du système capitaliste financiarisé.
Quant aux hystériques de droite, à la gauche molle qui donne elle aussi dans la surenchère patriote (cf Aubry et Royal), d'autres forces doivent présenter un tout autre visage. Que tant de Français n'aillent plus voter, qu'ils considèrent la politique comme pratiquée par des margoulins, devrait être de nature à susciter une prise de conscience. Mais la fameuse "rupture" sarkozyste a fait long feu. Les effets délétères de la politique menées depuis 1982 n'ont pas fini de produire des fractures, des indignations, et pourquoi pas des révoltes. Le modèle consumériste importé des USA ne gardera pas longtemps encore sa capacité à aveugler les peuples en Occident.

Toute posture progressiste (à chacun de jauger la sincérité du déclarant...) vous condamne à rester ad vitam eternam dans l'opposition. Mais au moins peux-t'on se regarder en face et être heureux de sa sincérité.

Néanmoins, que l'on en déduise pas hâtivement que je vois en Eva JOLY la solution à tous les maux de la société française. Elle traîne quelques boulets qui font penser que la vraire rupture (type Patrice Lumumba eu Congo des années 50) que j'attends ne viendra pas d'elle. Lors du W/E qui a suivi le 14 juillet, elle s'est rendu ainsi que Nicolas Hulot à Notre-Dame-des-Landes (à 20 km environ au Nord de Nantes) où se tenait les 16 et 17 un grand week-end de résistance citoyenne au futur aéroport (les travaux doivent démarrer en 2013 pour une ouverture commerciale fin 2017). Nicolas Hulot est reparti avec des épluchures sur la tête. Il aurait du se renseigner avant : localement, les figures médiatiques de l'écologie (Hulot, Bové père, Joly) ne sont pas en odeur de sainteté. Ah les saligauds de Bretons : ils osent refuser le soutien des coqueluches des medias (c'est le cas pour les 2 "mâles", moins pour la "franco-norvégienne"). Hulot et Joly ont tout de même, lors de leur très bref séjour sur place, simulé l'entente cordiale. Un bel exemple de bal de faux-culs (il faut dire que les inimitié et l'animosité atteint des sommets au sein d'EELV dans le petit groupe de dirigeants nationaux). D'autre part, lelle me paraît loin d'être antimilitariste la mère Eva : elle propose certes de remplacer le défilé militaire du 14 juillet par une fête républicaine, mais également de déplacer ledit défilé militaire à la date du 11 novembre. On sait également qu'elle est favorable à l'opération militaire en Libye. On peut néanmoins espérer qu'elle soit un peu plus honnête que la moyenne compte-tenu de son parcours en tant que magistrate.

samedi 14 mai 2011

La longue agonie du football français

Malgré les propos haineux à l'encontre de Mediapart, il n'aura échappé à personne que l'agitation médiatique du gouvernement (Chantal Jouanno en tête. *1 ) n'avait, encore une fois, pour seul but que de mettre en œuvre un écran de fumée dans la plus pure tradition du déni de réalité qu'affectionnent tant les mouvements de droite au niveau mondial. Mais la lecture du verbatim (partiel certes , mais plus de 6 pages qui ne laissent aucun doute sur la mentalité des participants) de la réunion de cadres de la FFF de fin 2010, donne une idée de ce qu'un crypto-raciste est. Et quand France 5 invite pour parler de cet affaire en début de semaine le sinistre Thierry ROLAND (dont la carrière, minable en tout point, a été émaillée de tant de propos racistes que l'on se demande bien ce qui est passé par la tête des producteurs de "C à vous" pour penser à inviter ce petit monsieur), on poursuit la négation même face à des preuves tangibles publiées par Mediapart (dont la rédaction a été couverte de propos insultants par plusieurs ténors de l'UMP : face aux révélations du même Mediapart dans le cadre de l'affaire Woerth/Bétancourt, le même type d'arguments nous avaient été fourni : presse fasciste, presse de caniveau, méthodes staliniennes, etc ... Ah, qu'il est étrange de constater, que du Chili de 1973 à la France de 2011 en passant par les Etats-Unis depuis les années 50, les propagandistes et thuriféraires de la droite dure nous servent toujours la même logorrhée). Ainsi donc, Thierry Roland était choqué lui aussi par les "attaques" de Mediapart. Mais le projet (qui n'a certes pas été mis en œuvre depuis, dixit la commission d'enquête) était bien là : trier les jeunes joueurs au sein des écoles de formation fédérales du football français, selon des critères racistes que l'on connaît depuis le 19e siècle en France , et que Gaino a revisité à l'occasion du trop fameux discours de Dakar prononcé par Sarko à l'été 2007 (l'homme africain incapable de se projeter dans l'avenir, regardant les saisons passer comme une vache les trains de la SNCF). Depuis le titre mondial de 1998 et le titre européen de 2002, les performances de l'équipe de France de football sont pour le moins contrastées : éliminations sans gloire après les matchs de poule en Corée en 2002 et en Afrique du Sud en 2006, mais finaliste en 2006 en Allemagne. Le jeu pratiqué est très décevant : un niveau technique, tactique et physique en dessous des grandes nations européennes (Espagne, Portugal, Angleterre, Allemagne , Italie, Pays-Bas) qui jouent très majoritairement (sauf les portugais pour des raisons évidentes) quasiment sans joueurs de couleur. Et oui, comme le disent sans précautions certains cadres de la FFF, les joueurs blancs sont petits, peu physiques mais intelligents et techniques, alors que le black est quasi exclusivement physique. Théorie raciale fumeuse et nauséabonde. Le double titre 1998-2002 avait été l'occasion d'une mystification : la France black-blanc-beur. Entendez-par là que le baromètre du "vivre ensemble" était au beau fixe. C'était tellement tentant, avec Jospin et Chirac se précipitant pour récupérer 1998 sur un plan politique. Mais qu'en était-t'il réellement ? dans les vestiaires de l'équipe de France, quelques joueurs qui disent "et si on faisait une photo entre blacks" .... depuis le début des années 1990 une violence en nette recrudescence sur et en dehors du terrain (avec de nombreuses agressions d'arbitres), des slogans et banderoles racistes dans certaines tribunes (sans parler des cris de singe à l'attention des joueurs "de couleur"). A l'image de la société française de plus en plus violente après le milieu des années 80 ( Chirac "le bruit et les odeurs", Mitterrand et la libéralisation économique, les crises à répétition du système capitaliste, la désindustrialisation progressive du pays), le football français a du faire face à la violence sous diverses formes (pas seulement raciste, mais essentiellement haineuse face aux "autres". On se rappelle les banderoles du PSG traitant les chti's de débiles congénitaux, d'alcooliques). Mais l'important pour le business est bien de faire croire que tout va bien : il y tant de milliards en jeu que la "religion foot" a de beaux jours devant elle. Après tout, en 1982, Mitterrand ne disait-il pas au patron de France 3, Serge Moati, que les français avaient besoin de se détendre, de voir des programmes légers; bref, la culture ça commençait à bien faire ....
Tout va bien donc dans le football français : il n'y a pas de racistes à la FFF ( *2) ou dans les stades, les dirigeants ne sont pas incompétents ni incapables d'un discours et d'une stratégie cohérente, Mediapart calomnie et c'est inacceptable.



*1 : La ministre des sports a pris grand soin, mardi 10 mai, de dédouaner le sélectionneur de l'équipe de France. Selon elle, «aucun fait ne permet de dire que Laurent Blanc cautionnerait des orientations discriminatoires». C'est pourtant tout le contraire qui apparaît à entendre la réunion du 8 novembre 2010. Mediapart a choisi de publier des extraits sonores de cette réunion qui viennent démentir les arguments de Chantal Jouanno.

*2 : (Mediapart) Le sélectionneur Laurent Blanc dément en bloc avoir évoqué avec d'autres responsables du foot français la mise en place de politiques discriminatoires et de quotas dans la formation et la sélection des joueurs.Voilà pourtant ce que lui et ses collègues disaient lors d'une réunion officielle, le 8 novembre 2010:

Laurent Blanc: Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...) Les Espagnols, ils m'ont dit: “Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas”.»

Erick Mombaerts: Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité?

Laurent Blanc: Moi j'y suis tout à fait favorable.

François Blaquart: On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit.

Erick Mombaerts: Donc il faut 30% ? (...) Il y a bien des clubs comme Lyon qui le font dans leur centre de formation.

Francis Smerecki: Je dis: première chose, c'est discriminatoire.

dimanche 27 février 2011

transhumanisme : un avatar fasciste

A l'occasion de l'émission "les grosse têtes au carré" (France Inter, 25 février 2011 c'est non sans effarement que j'ai entendu parler du transhumanisme. Il s'agit d'un courant de pensée, porté par des "intellectuels", des "scientifiques de renom" qui visent à utiliser les biotechnologies (biologie moléculaire, nano-technologies, etc ...) afin de créer un homme nouveau ("posthumain" dans le langage de ce groupe de dangereux fascistes). Il s'agirait de rompre avec les limites actuelles de l'être humain afin de s'adapter à un monde, qui, de part les dégradations multiples engendrées notamment par le système économique dominant (le capitalisme) va devenir invivable (pollutions majeures de l'eau, de l'air, des terres). Au lieu de prôner un changement radical de système économique, de pratiques individuelles et collectives, afin de devenir économes, solidaires, respectueux de l'environnement et actif dans sa restauration en un état sain, nos amis transhumanistes souhaitent poursuivre la marche actuelle du monde. A leur yeux, la recherche par tous moyens de la croissance du PIB et ses dégâts collatéraux, ne pourrait être remise en cause. Pour survivre dans un monde de plus en plus hostile, bienvenue dans le remake du l'île du Dr Moreau : on envisage de sélectionner les cellules et embryons (pour générer une pseudo-humanité vigoureuse aux capacités décuplées), d'y intégrer des gênes non humains. Conscients des réticences de la population mondiale face à ce projet scientiste et crypto-eugeniste, nos amis transhumanistes veulent modifier nos regards afin que l'on accepte leur projet. Quels moyens ces gens amoraux seraient-ils susceptibles d'utiliser ? nul ne le sait.

Définitions du transhumanisme par l'Association transhumaniste mondiale :
«
  1. Le mouvement culturel et intellectuel qui affirme qu'il est possible et désirable d'améliorer fondamentalement la condition humaine par l'usage de la raison, en particulier en développant et diffusant largement les techniques visant à éliminer le vieillissement et à améliorer de manière significative les capacités intellectuelles, physiques et psychologies de l'être humain.
  2. L'étude des répercussions, des promesses et des dangers potentiels de techniques qui nous permettront de surpasser des contraintes inhérentes à la nature humaine ainsi que l'étude des problèmes éthiques que soulèvent l'élaboration et l'usage de telles techniques. »
La conceptualisation du transhumanisme débute dans les années 1960, mais le mouvement se dit héritier des courants de pensées de l'Antiquité (vieille technique moisie et usée jusqu'à la corde : revendiquer un lien, une filiation ancienne) et des Lumières.

Sous couvert d'améliorer notre condition humaine par l'éradication de la pauvreté, de la maladie, de la famine, etc, sous couvert de l'utilisation de la raison, de la science et des techniques dans un but de progrès pour l"humanité, il s'agit de vouloir contrôler, maîtriser. L'approche est résolument fasciste à mon sens, tout autant qu'illusoire (s'affranchir des contraintes du corps physique par des moyens technologiques). Nulle place ici pour la critique du désordre économique mondial et de l'injustice, de l'arrogance du pouvoir. Nulle place ici pour le libre arbitre et la liberté de conscience. Il faut "contrôler" , "maîtriser" son existence, ses états de conscience. Le projet est bien consubtantiellement fasciste. Il pose de profondes inquiétudes éthiques. On ne sera pas surpris d'apprendre que la vaste majorité des transhumanistes est matérialiste et adepte du libéralisme anglo-saxon.

On savait l'humanité face à une perte de ses repères, naviguant dans un flou comportemental, et moral. Nous voyons avec les transhumanistes que d'aucuns n'ont pas abandonné l'idée de l'homme nouveau, du sur-homme bâti contre son gré . Je doute que dans le monde que ces gens nous prépare il y ait quelque place que ça soit pour la créativité artistique, pour les non-blancs (ceux qui ne se projettent pas dans l'avenir, cf le discours de Dakar lu par N. Sarkozy et écrit par H. Gaino).

vendredi 16 juillet 2010

Un acte de vandalisme alarmant


Communiqué de l’Association « Résister Aujourd’hui » le 14 juin 2010


S’attaquer à la statue de Jean Moulin initiateur du Conseil National de la Résistance, un symbole?


Nous avons appris, avec consternation, que le « Mémorial Jean Moulin » érigé à l'entrée des Alpilles sur la route de Salon-de-Provence à Sénas tout près du lieu où le résistant fut parachuté a été vandalisé dans les jours précédents le 27 mai 2010, jour de commémoration du 67 ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance.

L’enquête est en cours. Ce ne sont pas, à notre avis des voleurs de métal comme on le laisse supposé, car il semble que ce soit plutôt au symbole que l’on ait voulu s’attaquer.

Est-ce des détraqués ou des militants d’extrême droite sensibles aux attaques continues contre la Résistance en général et contre le programme du CNR en particulier.

Rappelons-nous, le 4 octobre 2007, Denis Kessler, ancien n°2 du Medef se réjouissait de la politique de Nicolas Sarkozy

« il s’agit, disait-il, de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme national de la Résistance ! »

De telles paroles peuvent susciter des actes, certains détricotent systématiquement les acquis de ce programme, d’autres peuvent s’attaquer au symbole.

Nous savons que de la parole aux actes, le pas peut être vite franchi.

Pour le respect de la mémoire de la Résistance et de Jean Moulin, nous exigeons une enquête rapide aboutissant au jugement des responsables.

N’oublions pas !

Le programme du CNR qui fût adopté par l’ensemble des mouvements de résistance le 15 mars 1944 préparait la renaissance de la France après cinq années de trahison, cinq années de fascisme vichyssois soutenu par le nazisme hitlérien, cinq années de chasse à l'homme, cinq années enfin d'esclavage, de pillage et de meurtres.

Ce texte audacieux est à l’origine, entre autres, de nombreuses conquêtes sociales (la sécurité sociale, les retraites généralisées et décentes, le droit à la santé, à l’éducation et à la culture pour tous), il visait à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence lorsqu’ils sont incapables de se les procurer par le travail, la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauche ….etc….

Il est d’une troublante actualité aujourd’hui car toutes ces conquêtes sont aujourd’hui remises en cause, quand elles ne sont pas tout bonnement démantelées, oubliées.

Le riche héritage du Conseil National de la Résistance mérite de ne pas tomber dans l’oubli.

Il est nécessaire et indispensable de le faire connaître au plus grand nombre et nous n’admettrons pas que l’on s’attaque impunément à la mémoire de celui qui a été son initiateur.


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voir aussi :
http://www.memorialjeanmoulin.fr/articles.php?lng=fr&pg=160

samedi 17 avril 2010

La droite mondiale hystérique

Aux USA, l'ultra-droite n'hésite pas à ressortir ses vieux arguments dès qu'une loi un tant soit peu sociale pourrait être promulguée. La réforme édulcorée du système Medicare n'a pas échappée à la règle. Les insultes ont marqué les débats au Congrès. Des permanences d'élus ayant voté en faveur de la réforme ont été vandalisées , des menaces de morts ont été laissées sur les répondeurs téléphoniques des élus (qu'ils soient républicains, démocrates, indépendants). "même les russes ont abandonné le communisme, nous n'en voulons pas ici" : voilà ce qu'une militante du Tea Party, cher à l'extrémiste Sarah Palin (Miss Wasilla 1984 ...), disait récemment à la TV américaine. Il faut dire que l'inculture politique est telle de part le vaste monde et particulièrement aux USA, que l'anti-communisme primaire est également à l'oeuvre un peu partout; et puis, comme disait Lino Ventura dans les Tontons flingueurs "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait". Nul doute que notre pays est donc toujours considéré par la droite américaine comme un pays communiste, wouaff wouaff.

En Espagne, la pugnacité du juge Baltasar GARZÓN lui vaut une solide inimitié de la part des cercles franquistes, toujours très actifs. Ceux-ci ont lancé une chasse aux sorcières. Ils veulent la peau de GARZÓN. Ayant osé contourner la loi d'amnistie, il tente de rendre justice aux victimes de la junte franquiste. Et cela est inacceptable pour les fascistes du PP (Partido Popular). Or nul crime ne peut être indéfiniment imprescriptible. Les lois d'amnistie ne doivent jamais qu'avoir un temps d'application limité. Elles sont destinées à panser les plaies dans tout pays qui fut déchiré par la guerre civile, à permettre une transition non violente vers un état de droit. Mais ensuite, la justice doit reprendre ses droits. Telle est la thèse défendue notamment par Eva Joly (EELV, ancienne juge d'instruction) ou Carla del Ponte (ancienne juge d'instruction en Suisse puis procureur général du TPIY). On sait pertinemment que cacher le passé par tous moyens (destructions d'archives, lois d'amnistie sans limite de durée, obstructions législatives, etc ...) ne peut que conduire à une résurgence à moyen-terme d'une forme de violence. Le passé algérien de la France en est un exemple frappant. Les tentatives de Zapaterro de faire ré-ouvrir certaines fosses communes de l'époque franquiste ont déchainé le PP. D'autant que Rajoy, successeur de José Maria Aznar, est tout aussi proche des milieux franquistes que ne l'était son prédécesseur à la tête du parti. Qui aime l'Espagne, et j'en suis depuis longtemps, ne peut que de désoler de la permanence de l'idéologie franquiste (on peut aisément faire le parallèle avec la frange de l'Italie néo-musolinienne défilant et tenant meeting, sous la bannière authentiquement fasciste de la Ligue du Nord, dont on peut noter qu'elle vient de supplanter le parti du bouffon Berlusconi dans plusieurs régions du Nord et du Centre). Mes recherches historiques menées en Catalogne m'ont forcé à plonger dans ce passé récent qui a tant meurtri l'Aragon, l'Andalousie et la Catalogne. C'est toujours le règne de l'omerta. Peu sont disposés en en parler.

(d'après Le Monde) : Le juge GARZÓN sera donc jugé pour avoir voulu fouiller l'encombrant passé du franquisme. Saisi de plaintes d'organisations d'extrême droite, le Tribunal suprême espagnol a décidé d'asseoir le magistrat très médiatique (on se souvient de son implication dans la lutte anti-ETA) sur le banc des accusés pour "prévarication", a-t-on appris mercredi 7 avril de source judiciaire. La décision devrait entraîner à court terme la suspension de Baltasar Garzon de ses fonctions de juge de l'Audience nationale, haute instance pénale qui centralise à Madrid les dossiers de terrorisme, de crimes contre l'humanité et de criminalité organisée. "C'est un triste jour pour la justice", a assuré sur la radio publique espagnole Emilio Silva, porte-parole de l'Association pour la récupération de la mémoire historique , la principale association de familles des victimes du franquisme. "Il y a des familles de 113 000 disparus qui nulle part dans ce pays ne peuvent trouver un endroit pour que justice soit faite, et ça pour moi, c'est très grave", a ajouté M. Silva. "Si ce procès a lieu, ce sera le premier cas connu d'un juge qui essaie d'obtenir la vérité, la justice et réparation pour plus de 100 000 disparus et qui se retrouve poursuivi", a pour sa part réagi le directeur d'Amnesty International Espagne, Esteban Beltran. Plus de deux cents organisations de défense des droits de l'homme et des juristes du monde entier, dont l'ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie Carla del Ponte, ont récemment signé une lettre de soutien au juge Garzon. Ils ont rappelé que le Comité des droits de l'homme de l'ONU avait demandé en 2008 à l'Espagne d'abroger sa loi d'amnistie post-franquiste et de "garantir le caractère imprescriptible des crimes de lèse-humanité". Les "disparitions forcées" sur lesquelles portait l'enquête de Baltasar Garzon sont des crimes "qui ne peuvent être prescrits ni amnistiés", estimaient-ils.



En France, bien sûr, nos grands spécialistes des outrances verbales, des raccourcis incultes, des propos à l'emporte-pièce, sont toujours et encore Nadine Morano, Patrick Devedjian, Frédéric Lefebvre, tous encartés à l'UMP, ami du Partido Popular espagnol .... Plus sérieusement, qui a oublié les débats de la loi légalisant l'IVG, dossier défendu par Simone Veil. On a entendu Mme Veil, excédée, ayant eu à entendre tant de propos calomnieux, dire à une foule de mâles surexcités "vous n'êtes que des nazis aux petits pieds". Je crois que la remarque pourrait être resservie à d'autres de nos jours. Faudrait-il encore disposer d'une légitimité et d'une stature politique toute autre que celle des petits roquets de la Sarkozye ou du parti socialiste. Simone Veil est une femme d'exception à qui il faut rendre hommage, de part son courage politique, sa courtoisie et son calme. Même face à des foules hostiles lorsqu'elle fut attaquée, notamment pour cette fameuse loi qui porte depuis son nom, elle su naturellement rester au-dessus de ces fangeux qui lui faisait face avec, eux, aucune courtoisie, un manque de calme évident, une hystérie dogmatique dans la tête, le corps. Elle dont le corps aurait pu périr dans les flammes des crématoires du complexe d'extermination et de production industrielle d'Auschwitz-Birkenau. Une seule faute, ou à tout le moins une incompréhension majeure : qu'elle ai pris la tête du comité de soutien à Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle. Sa haine de François Bayrou peut-elle justifier cela ?


Sur facebook, soutien au juge GARZÓN : "Un MILLÓN de FIRMAS para APOYO al GRAN JUEZ BALTASAR GARZÓN."

samedi 13 mars 2010

Les tabous de la droite UMP ....

Lu dans Le Monde daté du vendredi 12 mars 2010 dans l'édito "Corps français ?" à propos de Gérard Longuet opposé à la possible nomination de Maleck Boutih à la tête de la HALDE :

M. Longuet a déclaré : "C'est un homme de grande qualité - notez le côté faux-cul de Longuet - mais ce n'est pas le bon personnage. Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes" . Le propos est sans ambiguïté.
Comme les dérapages - niés avec véhémence par Eric BESSON - qui ont émaillé, durant l'automne 2009, le débat sur l'identité nationale lancé par le gouvernement - sur injonction de l'Elysée ... - la polémique déclenchée par M. Longuet est tout sauf anecdotique. Elle montre que des responsables UMP s'autorisent désormais des propos publics qui étaient l'apanage de M. Le Pen depuis vingt ans. Tout se passe comme si l'affaiblissement de l'extrême droite - affaiblissement tout relatif puisque ceux qui votaient FN votent pour un candidat UMP qui a repris moults idées au FN, voire à ce titre les programmes de compagne - , le soulagement d'être débarrassé de la menace du Front National et la volonté de séduire ses anciens électeurs avait levé les tabous de la droite. Et redonnait libre cours à un vieux fonds, refoulé, maurassien, nationaliste et volontiers xénophobe. Il serait bon que le président de la République mette un coup d'arrêt à cette inquiétante dérive.
(fin de l'édito)

Je me permets de commenter (en italique ci-dessus) certaines des affirmations du Monde, car elle sont d'une mièvrerie affligeante. Pourquoi persister, hier et avant-hier à propos de Le Pen, aujourd'hui à propos de Longuet ou Madelin, à dire qu'il s'agit de dérapages verbaux. La presse utilise le même commentaire pour parler des propos de Georges Frêche. Il ne s'agit jamais de dérapages puisque ces gens sont des gens de communication, que leurs interventions publiques sont préparées, calibrées. Au pire, s'il s'agit de propos non préparés, ils révèlent le fonds de la pensée du politicien. Comment oublier que M. Longuet fut adhérent actif du groupuscule fasciste Occident (voir un post précédent) ? "mettre un coup d'arrêt à cette inquiétante dérive " ???? Comment penser que Sarkozy mettra un terme aux propos clairement islamophobes d'une Nadine Morano ou d'un Brice Hortefeux ? comment passer sous silence les propos racistes tenus lors de réunions privées par Sarkozy ? Oui, l'ex-candidat Sarkozy a recyclé le fonds idéologique du FN, héritier de la France vieille et rance qui hait l'étranger, le communiste, le prolétaire. Les idées du FN ne se sont pas affaiblies, même si à coup de sondages on tente de nous faire croire que le bon peuple français est moins raciste et moins anti-sémite qu'au milieu des années 80, lorsque Mitterrand donna une chance historique à Le Pen de s'installer durablement dans le paysage politique national (avec les dégâts que l'on sait). Oui, la parole s'est libérée dans la droite dite classique. On n'hésite pas à se "lâcher".
Cette même semaine, sur France 3 Pays de Loire, le journaliste a présenté la liste FN aux régionales 2010 comme la liste de la "droite nationale". Merci. On aurait dit "la voix de son maître".

jeudi 4 mars 2010

Sarko hait et refuse les contre-pouvoirs en France

Discours sur l'entrée en vigueur de l'article 61-1 de la Constitution

Conseil Constitutionnel, lundi 1er mars 2010

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Mais que le Conseil constitutionnel ait intérêt pour l’accomplissement de sa mission à être riche d’expériences diverses et en particulier de celles de personnalités ayant exercé de hautes responsabilités politiques ne doit pas conduire à l’ériger en une sorte de contre-pouvoir politique. Autant la séparation des pouvoirs est indispensable à toute démocratie, autant la notion de contre-pouvoir est étrangère à notre conception de l’Etat et de la République. Je le dis parce que cette réforme, je l’ai profondément voulue, notre Etat de droit y gagnera ; mais elle est difficile, elle est complexe et elle doit être mesurée à l’aune de l’état d’esprit qui est celui de chacun d’entre nous.



Ainsi donc, quand il dit "la notion de contre-pouvoir est étrangère à notre conception de l’Etat et de la République", le "nous" serait la voix du peuple ? j'y vois surtout la voix de la Sarkozye qui promeut une vision spécieuse de la République qu'elle contribue à affaiblir jour après jour. Comment peux-t'on accepter que le Président rejette le contre-pouvoir du Conseil Constitutionnel ? "tout le monde à ma botte", voilà la pratique sarkosyste. Tu t'élèves contre moi, tu critiques ma politique, et zou, direction le purgatoire. Si ça n'est pas un authentique pratique fascisante, que l'on m'explique ce qu'est le fascisme, et que sont les valeurs républicaines.

Derniers exemples en date (26 mars 2010) :
1) un gendarme, chef d'escadron, contrôleur de gestion, et chercheur-associé au CNRS (son statut de fonctionnaire lui permettant une activité annexe dans le domaine de la production intellectuelle) vient d'être radié des cadres par un décret signé du Président de la République. La faute de Jean-Hugues Matelly ? avoir écrit en collaboration avec deux autres chercheurs, dont l'excellent Laurent Muchielli, un article scientifique critiquant la réforme police/gendarmerie voulue et imposée par Sarkozy. Voilà donc l'ex-pandore prêt à rejoindre la liste des chômeurs inscrit à Pôle Emploi, pour avoir usé de son sens critique, pour avoir parlé là où tant se taisent, se soumettent (lisez et relisez "Le Discours de la servitude volontaire" rédigé en ... 1549 par E. de la Boétie). On n'est finalement pas si loin du traitement de l'ex-ministre nord-coréen des finances, Pak Nam-ki, arrêté lors d'une réunion du parti, et subséquemment fusillé pour être avoir été rendu responsable de l'inflation. L'association Gendarmes & Citoyens indique : "Cette décision, qui suit directement les dernières élections, ne peut être qu'un acte politique en forme d'avertissement du pouvoir à l'égard de la communauté des gendarmes." On ne saurait être plus clair. Vive la République !

2) Deux employés de l'entreprise qui dirige le site internet de l'hebdomadaire « Le Journal du Dimanche » ont été licenciés pour la part qu'ils ont prise dans la propagation de la rumeur affirmant que le président français Nicolas Sarkozy et sa femme avaient l'un, une maîtresse et l'autre, un amant, a rapporté vendredi le quotidien en ligne MediaPart. « Le JDD étudie toutes les suites à donner à cette affaire, afin d'obtenir réparation du préjudice causé à sa crédibilité et à celle de tous ses journalistes », conclut le journal. Ooooooops ....

Liens :
* http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=list&cat_id=7&lang=fr
* http://mobile.lemonde.fr/societe/article/2010/03/26/la-radiation-d-un-gendarme-nourrit-le-ressentiment-vis-a-vis-de-l-executif_1324610_3224.html

samedi 27 février 2010

Un passé qui ne passe pas

Les suites de l'affaire Soumaré sont relativement inattendues : Vincent Peillon vient de rappeller mièvrement la condamnation de Patrick Devedjian et Alain Madelin en 1965 pour vol de voiture et détention d'armes. On aurait aimé, quitte à remuer le passé, que soit rappelé l'engagement au sein du groupuscule fasciste Occident, de plusieurs personnalités de droite qui depuis sont devenues, qui ministre, qui secrétaire d'Etat, ou encore député (ce qui est d'autant plus dramatique que ces fascistes étaient naturellement anti-parlementaristes et anti-républicains) en général après un transfert vers l'UDF au début des années 1970 : Hervé Novelli, Didier Schuller, Patrick Devedjian, Alain Madelin, Gérard Longuet. pour ne citer que les plus en vue. Les deux derniers, en compagnie de Philippe Seguin, le soir du 10 mai 1981 à la TV, prédisaient l'arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées dans les 3 mois (le premier gouvernement Maurois allait compter 4 ministres encartés au PC, affectés à des ministères non essentiels : transport, fonction publique, santé et formation professionnelle. Notez que je ne dis pas "4 ministres communistes"). On pouvait alors légitimement parler de droite parmi les plus connes du monde, en évoquant le tout-puissant RPR et ces jeunes quadras férocement anti-communistes, partisans farouches de l'Algérie française, racistes, anti-sémites, anti-maçonniques, etc ....
Aucun n'a renié ce passé à l'extrême-droite. Tous ont justifié a postériori les ratonnades et les actes terroristes auxquels ils ont participé dans les années 60 (pour certains d'abord à la FEN puis chez Occident - de la création en 1964, à la dissolution 1968 par Raymond Marcellin, ministre de l'intérieur, puis au GUD : cf la belle carrière de Madelin qui fit son droit à Assas, bastion du GUD). Occident se réclamait de la pensée de Charles Mauras, des écrits de Robert Brasillach (fusillé en 1945 pour collaborationnisme ...), citaient abondamment le spécieux Louis-Ferdinand Céline. Les sus-nommés s'engagèrent aux côtés de Tixier-Vignancourt lors de la campagne présidentielle de 1965 (http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/CAF88011854/jean-louis-tixier-vignancour.fr.html). Belle brochette. Belles références. Mais le passé ouvertement fasciste de ces messieurs (rappelons qu'Occident militait pour l'abolition du suffrage universel et a applaudi des deux mains au coup d'Etat militaire en Grèce en 1967), ce passé a été oublié ou presque. Surtout par les medias. Depuis, ils ont eu droit aux honneurs de la République dépravée. Leurs victimes, elles, n'ont pas oublié. Les défenseurs des droits de l'homme et des valeurs républicaines non plus. Alors même si le procédé utilisé par le fielleux Peillon est peu glorieux (la bassesse n'est qu'un trait du dit Peillon, bouffi d'orgueil. Il semble bien que les attaques personnelles, sur le mode USA, se soient installées durablement dans le paysage politique français. On a vu Fadela Amara, pourtant très sarko-compatible jusque-là, déclarer que la campagne des régionales 2010 était "puante").
L'extrême-droite française, dans toutes ses composantes, tant toute son histoire passée, présente et à venir, est un ennemi résolu des Lumières. Mais ils détestent également le peuple français.

mercredi 10 février 2010

Le rapport Karski : une bien triste polémique







Fiction et histoire: les romanciers ont-ils tous les droits ?© AFP/archives - Janek Skarzynski

La polémique autour du livre de Yannick Haenel sur le résistant polonais Jan Karski a été alimentée à ce jour principalement par Claude Lanzmann (auteur du monumental et irremplaçable "Shoah" diffusé à quatre reprises à la télévision Française, 1987 /1993 /1998/2010. oeuvre capitale pour témoigner de l'extermination des Juifs en Europe).

Je ne comprends pas la violence des attaques de Lanzmann. Notamment lors du préliminaire à la diffusion de la seconde partie de Shoah sur Arte il y a deux semaines de cela. Ses propos étaient déplacés. Il se plaçait en seul garant de la vérité historique de la shoah, comme seul garant du respect de la parole du catholique Karski. C'est faire peu de cas de la réduction des 8 heures de shoot à 40 mn dans le film. Le montage est ainsi fait que l'on ne peut retenir tous les rushes. Mais comment expliquer que Lanzmann n'est remonté les rushes Karski que fin 2009 ? afin de répondre à une commande d'Arte me dira-t'on. Où est le respect de Karski quand on attend 30 ans pour lui consacrer un documentaire alors que le matériau brut est là ? Où est le respect de la parole de Karski quand on ne retient "que" son témoignage sur les ghettos et que l'on rejette le combat de Karski pour faire connaître aux dirigeants Alliés la réalité du cataclysme ? En prenant l'angle d'attaque de Lanzmann quand il critique Haenel, on pourrait critiquer Shoah. Qui s'y résoudrait, tant l'oeuvre est étouffante, inclassable, indispensable. Mais elle n'est ni l'oeuvre ultime ni l'oeuvre unique sur ce douloureux sujet, plaie européenne toujours pas cicatrisée. "Les survivants" de Patrick Rotman (2005) est lui aussi le fruit d'un travail de mémoire exemplaire. On peut également utilement citer le documentaire "Paragraphe 175" de 2000 (décrit les persécutions dont furent victimes les homosexuels sous le IIIième Reich. Le paragraphe 175 du code pénal en vigueur sous le Kaiser Wilhelm I fut ré-écrit par les nazis et publié en 1935).
Ainsi donc, un auteur de fiction ne serait-il pas autorisé à mettre en scène des personnages historiques, sauf à répéter l'histoire officielle (si tant est que cela soit raisonnable de figer l'Histoire, interdisant la relecture par les historiens de pièces d'archives). Pierre Assouline soutient que "Quand on met en scène de véritables personnages, on ne peut pas leur faire dire n'importe quoi" (déclaration à l'AFP).
La dernière partie de "Jan Karski" relève de la "pure invention", avertit Haenel. Il y imagine en particulier les dialogues du face-à-face, bien réel, de Karski avec le président Roosevelt qui semble totalement indifférent.

En août dernier, Yannick Haenel, co-animateur de la revue "Ligne de risque", et auteur notamment de Cercle, publie un roman intitulé Jan Karski, dans lequel il rend hommage au grand résistant polonais qui a été l’un des premiers à dénoncer l’extermination des Juifs et l’existence des camps de concentration. Appel qui, d’après Haenel, n’a pas "voulu" être entendu, laissant le messager Karski seul face à l’horreur.

Le roman de Haenel est conçu de manière peu conventionnelle : la première partie reprend les séquences de Shoah dans lequel Claude Lanzmann fait parler Karski. Le second chapitre est consacré au livre de Karksi : Story of a Secret State, paru en 1944 aux Etats-Unis et non encore réédité (prévu aux éditions Robert-Laffont). Enfin, le 3ème chapitre, le plus long et celui qui est précisément au centre de la polémique, fait place à la fiction. Haenel écrit ici ce qu’il pense être les réflexions personnelles d’un Karski désabusé, déçu par l’inertie des alliés, souffrant à jamais de n’avoir pu mener à bien la mission qui lui avait été confiée : sauver les Juifs et la Pologne.

Grand succès littéraire, le livre de Yannick Haenel publié aux éditions Gallimard a reçu le prix Interallié et le Prix du Roman Fnac en 2009.

Claude Lanzmann, lui, accuse Yannick Haenel d'avoir falsifié l'histoire. Comme si le romancier était sommé de respecter des schémas pré-établis. C'est justement la force des écrivains que de ne pas se laisser gagner par le conformisme. Qu'Haenel décrive la rencontre Karksi-Roosevelt en s'écartant totalement de ce que l'on sait de cette entrevue grâce à Karski lui-même, où est le souci ? On a à faire a un roman. Faut-il rappeler à Claude Lanzmann que nombre de publications d'historiens sont orientées, biaisées, malhonnêtes ? On a surtout l'impression en écoutant Lanzmann qu'il interdit à quiconque autre que lui de parler de la shoah. A 83 ans on a l'impression qu'il a été gagné par le gâtisme.
Un écrivain peut-il tout écrire ? c'est sa liberté, son droit. Le lecteur du livre d'Haenel prendra-t'il le récit pour vérité historique. On peut largement en douter. Il semble aujourd'hui impossible d'écrire sur cette période de l'histoire. Que l'on se rappelle Jonathan Littell et "les Bienveillantes". On peut être choqué par de tels livres. Mais vouloir réduire les écrivains au silence procède du fanatisme intellectuel, du fascisme ordinaire (ce sont les frères Garcias qui vont être contents en lisant cela ... un jour je ferai un post complet sur le fascisme ordinaire mais il faut travailler la forme). Pensez comme moi ou je vous anihilerai. Et puis notons que Lanzmann, comme Anette Wieviorka, ont l'indignation bien sélective. La dignité d'un homme ou d'une femme se mesure également à sa capacité à être cohérent. Qu'on se rapelle le combat de Germaine Tillon. Lanzmann fait malheureusement l'effet d'un être aveuglé. Une bien triste fin de vie. D'autant que l'angle de sa critique «La littérature doit ajouter de la vérité» est plus que critiquable et ne manquera pas de donner des arguments à l'extrême-droite française et européenne.

Arte diffusera en mars prochain un document de 52 minutes "Le rapport Karski" de Claude Lanzmann, montage de ses entretiens avec le résistant polonais.

Voir également :
www.mediapart.fr/journal/culture-idees/260110/yannick-haenel-defend-son-roman-jan-karski-face-aux-attaques-de-claude-lanzmann

http://www.lepetitjournal.com/content/view/48346/1091/

Merci à Juan Asensio pour son commentaire (le lien permettra d'avoir une toute autre lecture que la mienne de cette affaire). Je n'avais pas retrouvé la citation du Monde, faute d'avoir consacré suffisamment de temps à ce post. Et pourtant, vous pourrez jugez par vous-mêmes de cette violence et de ce manque de tolérance de Lanzmann :
«Ce petit jeune homme [Yannick Haenel] décrète que je ne comprends pas la littérature. Et il ose écrire : «Contrairement à ce tribunal de l'Histoire, d'où parle Lanzmann, la littérature est un espace libre, où la «vérité» n'existe pas.» Il n'est pas de phrase plus sotte. La littérature n'a affaire qu'à la vérité; si celle-ci n'est pas l'affaire de Yannick Haenel, c'est que Jan Karski, roman, et quoi qu'en dise Sollers, n'est pas de la littérature.»Claude Lanzmann dans Le Monde du 30 janvier 2010.
Voyez la tentive de rabaisser, d'humilier
1. "ce petit jeune homme". Ne vaut-il pas être un petit jeune homme qu'un vieux con ?
2. "il n'est pas de phrase plus sotte".

Je ne crois pas que critiquer Lanzmann revienne à avaliser le travail d'Haenel, encore moins à "jeter quelques mensonges supplémentaires sur les millions de cadavres de Juifs.". Ici encore, surenchère verbale qui n'élève en rien la discussion. Dans un monde on l'on entend certains (je pense notamment aux extrémistes de droite de la LDJ) traiter Rony Brauman ou Michel Warschawski d'antisémites, on peut s'attendre à tout même au plus inepte en terme de communication médiatique. Haenel a pris un certain parti, et s'il ne s'agit pas de littérature les bras m'en tombent. On peut être choqué, gêné, etc, en lisant tel ou tel livre. Voudrait-t'on revenir à la pratique des autodafés ?
Pour en revenir à l'article de Juan Asensio, puisqu'il faut être précis, ce ne sont pas quelques centaines de milliers de juifs qui furent assassinés dans le complexe unique d'Auchwitz-Birkenau (camp d'extermination + camp de concentration) mais 1 million (selon ma référence depuis 20 ans qui est le travail, controversé sur certains aspects, du regretté Raul HILBERG; voir annexe B, page 1045, édition de 1988 de "la destruction des Juifs d'Europe", publié chez Fayard).

Réponse de Yannick Haenel :
http://www.dailymotion.com/video/xbzl35_yannick-haenel-repond-a-claude-lanz_news

Identité Front-National ....

Ainsi donc il faudra que nos bambins chantent la Marseillaise dans les écoles de notre pôvre République agonisante sous les coups de boutoirs nationalistes du pouvoir. Et sans doute seront-ils sommés de trouver que la colonisation a été positive ... alors que les ressorts de cette entreprise abominable d'asservissement des peuples sont depuis longtemps connus, et justement dénoncés par sociologues et historiens.
Ainsi donc faudra-t'il , là où ça n'est pas déjà le cas (ce qui doit se limiter à fort peu,) afficher le drapeau français au fronton de nos sus-mentionnées écoles publiques. On croit rêver. Quand cessera-t'on de singer le programme xénophobe, raciste et antisémite du Front National. Il ne suffit pas de donner le change en allant, qui au dîner du CRIJF, qui à une réunion du CFCM, faisant par là le lit des communautarismes qui vont porter un coup grave au pseudo-universalisme français. En finir avec l'idéologie des Lumières, en finir avec les idéaux de la Révolution de 1789, en finir avec le programme progressiste du CNR, en finir avec l'esprit de mai 68 : tout cela a été annoncé. C'est dire si les idéologues du pouvoir aiment la démocratie, respectent les humbles, combattent pour les libertés, la justice pour tous et l'équité pour chacun. Trop c'est trop ! Basta ya, hombre !
Ainsi donc aucun dérapage n'aurait-eu lieu lors des pseudos-débats rances sur l'identité nationale. Le pouvoir n'est plus à un mensonge près.
Ainsi donc, faudra-t'il afficher la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 dans nos écoles. On a vu le résultat de la mesure quand elle fut appliquée aux commissariats de police. Il n'y a que peu de différences idéologiques entre les individus qui composaient la police de Vichy et les individus qui composent la police nationale. Exagération ? falsification de l'histoire ? non ! mettez ces policiers qui font du contrôle au faciès, qui jouent les shérifs en banlieue, qui ne voient rien à redire aux gardes à vues, placez-les donc dans un contexte historico-politique du type juin 1940, et vous verrez le résultat. L'hypothèse est plus qu'improbable, mais je veux dénoncer par là les pratiques scandaleuses de certains policiers français, et les idées scandaleuses d'un certain syndicat de police proche du FN. Les policiers ont jusque là été de bien fidèles relais des lois Perben 1 et 2, et de leurs suites Sarkozystes. Voyez aussi le traitement des "étrangers". sans papiers (ou avec). Voyez la peur qui suinte des consciences ... Etranger, mon ami, ne viens pas en France, cette France dont chaque jour j'ai honte. Reste dans ton pays, avec tes difficultés quotidiennes, la répression, les humiliations, tout cela vaudra toujours mieux qu'un séjour sur la terre du coq qui chante sur un tas de fumier; symbole fourre-tout que ce coq , n'est-il pas mon frère.
Ainsi donc une commission d'experts va-t'elle être mise en place ... Jaffray nous avait promis le fangeux ou le creux. On a eu le fangeux puis le creux, nous rappelait lundi matin sur France Culture Olivier Duhamel.
Etranger, mon frère, mon ami, toi qui fut fusillé pour l'exemple durant le premier conflit mondial, toi tirailleur algérien ou sénégalais, goumier marocain, spahi algérien ou marocain, zouave algérien qui fut sommé par la France de tirer sur des peuples insoumis, toi qui au sein des FTP MOI en 40-44 pris le risque de défendre une certaine idée de la France, toi qui a reçu une pension militaire de misère, toi l'écrivain qui vint ici attiré par une certaine idée de la France (libérale, libertaire, cultivée, universaliste), oublie la France au plus vite.
Anti-patriote ? je rappelle qu'aux USA, ceux qu'on a traité de tous temps d'anti-patriotes (période Mac Carthy, guerre du Vietnam, guerres du Golfe, guerre en Irak , guerre en Afghanistan) sont justement les seuls qui ont gardé un tant soit peu des idéaux des pères de la Nation.

Tout cela fait bien sûr partie de la stratégie médiatique sarkozyste, visant à s'assurer la maîtrise du calendrier. Cela n'en reste pas moins une honte; il n'en reste pas moins qu'il faut la condamner.

samedi 3 octobre 2009

En mémoire de Mehdi Ben Barka


A lire pour ceux qui croit encore que ce pays est une démocratie :

Le parquet de Paris a annoncé vendredi avoir demandé de suspendre la diffusion de l'émission de mandats d'arrêt lancés contre quatre responsables marocains dans l'enquête sur la disparition en 1965 à Paris de l'opposant et syndicaliste marocain Mehdi ben Barka, "dans l'attente de précisions demandées au juge d'instruction", a indiqué le cabinet du procureur. Le ministère public a précisé que ces précisions avaient été demandées par Interpol. "En effet, Interpol a demandé ces précisions afin de rendre les mandats d'arrêt exécutables. Sans ces précisions, ils sont inexécutables", a dit le cabinet du procureur. Il s'agit de permettre l'identification des personnes visées, dit-il.

Me Maurice Buttin, qui défend la famille Ben Barka depuis 1965, soupçonne une intervention politique pour empêcher un différend diplomatique entre la France et son ancien protectorat. "Le parquet bloque de nouveau la situation. Ca prouve comment les choses marchent en France. Alors qu'on veut supprimer le juge d'instruction au profit du parquet, on peut être très inquiet pour la justice", a-t-il dit.

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On est forcés de s'associer au ténace Me Buttin (d'une toute autre trempe que les hyper-médiatisés Me Gilbert Collard et Vergès. Un haut le coeur en lisant dans le dernier numéro de la Revue Française de Généalogie, un encart sur les origines des patronymes des grands avocats français du XXe : on mélange Me Robert Badinter, Me Soulez-Larivère et Me Gisèle Halimi, avec les Collard et Vergès !!!! ah bon, parce que défendre Pol Pot, Klaus Barbie, courir les plateaux télés, ça fait de vous un grand avocat ???). Oui Me Buttin a plus que raison d'être inquiet sur le sort fait à la Justice par la Sarkozye. Me Badinter, conscience morale, a depuis deux ans dénoncé les dérives de Sarko et ses affidés. Non que la Justice sous Chirac ait été une référence, mais force est de constater que Sarko met en pratique les menaces proférées durant la campagne de 2007 (voir à ce sujet l'opus de Serge Portelli), et que la Justice, les enseignants, les chercheurs, l'hôpital public, l'audiovisuel public subissent les foudres du névrosé Sarkozy. On a voulu nous faire croire que celui-ci était cool-zen-lexomil, et habitait sa fonction de président. Billevesées !!! Même devant des évidences (eg la remontée de bretelles à l'encontre de la pourtant très docile Arlette Chabot), le pouvoir nie que Sarko pète les plombs à longueur de semaines et qu'il est visiblement totalement inapte à exercer la fonction de Président de la République. L'appareil répressif de l'Etat est donc prié de rentrer en mode ébullition, écrasant les oppositions. Destitution du monarque en toute urgence !!! jusqu'à quand nos libertés individuelles et collectives vont-elles pouvoir se réduire sans un sursaut collectif ? la crise économique actuelle devrait être un moment de solidarité et d'opposition à la droite néo-fascisante. Les atteintes aux principes démocratiques n'ont jamais, et de loin, été aussi prégnants en ce pays que depuis les "évènements d'Algérie". Alors que les témoins disparaissent, le devoir de mémoire est sur le chemin critique. Sarko défend le même modèle que ses prédécesseurs, et alors que les commanditaires de l'assassinat de Ben Barka sont morts et enterrés, il n'hésite pas à téléguider le parquet pour que l'affaire reste en l'état. Pas de procès, pas de Justice, pas de démocratie. Le soutien officiel au putschiste Camara en Guinée participe de cette même volonté de faire perdurer la Francafrique, dont les Africains ne veulent plus et ce depuis longtemps. Néo-impérialisme avez-vous dit ...

Soutien officiel après les massacres de Conakry ! Balkany a reçu en effet les putschistes guinéens à Paris. Continuez les gars, les barbouzards de tout poil (marocains de feu Hassan II, guinéens du médiocre capitaine Camara, etc ...).

Du moment que les financiers de la campagne de Sarko, vendeurs de canons en tête, se régalent, tout va pour le mieux. Nommer le PDG de VEOLIA, officine privée, à la tête d'EDF, ben voyons mon colon, pourquoi se gêner ? il suffit juste de le déplacer dans l'organigramme de Veolia, et le tour est joué. Comme Poutine, premier ministre, qui dirige de fait la Russie, ledit Henri Proglio va continuer à diriger de fait Veolia alors que sa future position de président du conseil de surveillance ne lui donne pas de telles prérogatives.



dimanche 9 août 2009

Procès "staliniens" à Téhéran

On peut être qu'effaré par les derniers développements de la crise iranienne qui s'est ouverte au lendemain du premier et unique tour des élections présidentielles. Voilà donc que l'on assiste suite à des arrestations massives (opposants divers, étrangers en poste à Téhéran ou journalistes venus couvrir les élections), à des procès que l'on pourrait presque qualifier de staliniens (en référence aux années noires 1936-1938 à Moscou qui vit le petit père des peuples organiser des mascarades de procès dont l'issue, la mort ou la déportation au goulag, était connue d'avance. Le seul but était de liquider toute opposition, en organisant de pseudos-procès, truqués). On y voit les mêmes modèles d'auto-critiques (dont lors du procès de la jeune étudiante Clothilde Reiss, ou de Mohsen Rezai candidat au 1er tour). Mais les parallèles avec d'autres années noires sont possibles. Il n'est qu'à regarder la structure et l'exercice du pouvoir en Iran et celles du pouvoir national-socialiste dans l'Allemagne des années 1930 : "bassidji" vs "Sections d'Assaut" - Sturmabteilungen - (certes suite à la nuit des longs couteaux, les SA n'auront plus qu'un rôle mineur dans l'appareil d'Etat, mais l'appareil SS reprendra le rôle à son compte) , "Pasdaran" et "police des moeurs" vs "RHSA" (fusion en 1939 de la Sipo - constituée de la Gestapo ou police secrète et de la Kripo ou police criminelle - et de la SD ou Service de Sécurité du Reich). Le devoir du RHSA (créé par le Reichfürher SS Heinrich Himmler) était de lutter contre tous les ennemis du régime nazi. On voit dans l'hystérie répressive du (des) pouvoir(s) iraniens une dérive totalitaire des plus inquiétantes pour le peuple iranien. Il restera toujours l'espace de liberté du foyer iranien, où la parole se délie, où l'humour est très présent. Mais la chape de plomb qui s'est abattue depuis le 13 juin dernier sur l'Iran multi-millénaire est une réalité encore plus prégnante.
Le pouvoir en place est secoué par des convulsions terribles. Que sont devenues les milliers de personnes arrêtées depuis le 13 juin ? beaucoup n'ont pas été revues. Sont-elles encore dans les geôles de Téhéran ? ont-elles été liquidées ? bien des questions demeurent, et ce ne sont pas les effets combinés de la propagande du régime et les mensonges de l'opposition intérieure ou extérieure, qui peuvent aider à y voir plus clair.
Bill Clinton a obtenu la libération de deux journalistes condamnées à 12 ans de travaux forcés dans les camps de concentration nord-coréens. On attendra encore longtemps que le bellâtre US ou ses successeurs se préoccupent du sort fait aux centaines de milliers de coréens asservis dans les camps de concentration. Eh oui, en 2009, la fameuse Communauté Internationale ne fait rien de bien concret pour lutter contre le presque dernier bastion stalinien. Mais l'on continue d'entendre de beaux discours sur la démocratie. C'est cela aussi la hideuse realpolitik.

lundi 22 juin 2009

Le roi dit "nous voulons"

On allait donc voir ce que l'on allait voir, et puis, pschittt, la baudruche Sarkozy s'est lamentablement dégonflée. Thèmes déjà abordés sous l'angle du Sarko-social tant de fois, promesses vides de sens, formules creuses (du Guaino-guano). Rien de surprenant, rien de nouveau. Toujours autant d'indécence : du parcours sollennisé à l'extrême en deux rangées de gardes républicains, au discours mal maîtrisé car rédigé par d'autres et pas intégré, digéré. La Sarkozye nous abreuve de son vomi verbal. A quoi bon convoqué le banc et l'arrière banc du gouvernement, les parlementaires de deux chambres en congrès à Versailles, pour accoucher d'un discours de 45 minutes sans mesures concrètes, juste des redites. Comme si le locataire de l'Elysée n'était pas hyper-président depuis deux ans déjà. Comme s'il n'avait pas été Ministre de l'Economie, Ministre de l'Intérieur de 2002 à 2007. Fucking bullshit.
Instrumenter, humilier la représentation nationale, voilà le dernier "coup" médiatique de l'Elysée. Tout cela faisant suite à l'humiliation de la Reine d'Angleterre (quoiqu'on puisse penser de sa royale personne, l'inviter en bonne et due forme avec les premiers ministres britannique et canadiens, fait partie des usages pour les commémorations du débarquement allié sur les côtes normandes le 6 juin 1944, prélude à la libération du territoire national de l'occupant nazi). Il semble bien que le goujat de l'Elysée ne va rien nous épargner. Bonjour chez vous !

samedi 20 juin 2009

"Coup d'état" électoral en Iran ?


Aucune donnée sérieuse ne permet d'analyser la situation, en tout cas de conclure à une fraude massive. Les experts auto-proclamés, exilés iraniens ou occidentaux, ne sont en rien en prise avec la complexité de la société iranienne. Comme à leur habitude, les médias occidentaux, sur la foi des déclarations péremptoires des susdits experts, nous annonçaient la victoire de Mir-Hossein Moussavi (en 2005 , c'était l'Ayatollah Ali Akbar Hashemi Rafsenjani qui était leur chouchou : il ne passa pas le cap du 1er tour, avec un score ridicule. Laminé sur fond de campagne anti-corruption menée par Ahmadinedjad). Moussavi aurait été le vrai vainqueur de la présidentielle iranienne de la semaine passée. Toute l'analyse se base sur des révélations du camp Moussavi (il aurait été informé par le guide suprême de la révolution de sa quasi victoire électorale, un deuxième tour l'aurait opposé à Mehdi Karoubi). Une enquête sérieuse reste, à l'évidence, à mener, pour qui recherche la vérité. Pour les autres, qu'ils soient fournisseurs ou consommateurs de propagande, il s'agit d'une autre histoire ...
Il n'est pas pour autant raisonnable d'écarter la possibilité d'une fraude, sous la forme de résultats publiés non conformes aux décomptes. L'autre option (bourrage de urnes) est dénuée de tout fondement, car cela mettrait en jeu environ 5 millions de bulletins. Ahmadinejad peut-il se prévaloir d'un très large soutien populaire ? les cadeaux distribués lors des déplacements en province du président ont-il pu contrebalancer les effets désastreux de la politique économique du dernier gouvernement ? quel crédit les iraniens accordent-ils aux trois autres candidats ?
Moussavi était, et reste, présenté comme un quasi-réformateur, ayant mené campagne à la Barack Obama ... on croit rêver. Il suffit de regarder les débats télévisés, et de se rappeler le parcours dudit Moussavi, de garder en tête la structure du pouvoir iranien, et tout le médiocre château de cartes des medias occidentaux s'écroule. Moussavi n'est en rien en réformateur. L'eût-il été que son poids politique l'aurait empêché de mener toute réforme d'envergure (cf les 2 mandats de Seyyed Mohammad Khatami, de 1997 à 2005). Le pouvoir politique et économique est détenu par un agrégat de théocrates et non pas par le président le république islamique: le guide suprême, le conseil des gardiens de la révolution, les membres du conseil de discernement, les fondations islamiques (qui brassent un argent énorme, se voyant octroyer dans la plus totale opacité de juteux marchés publics), les pasdarans (Pasdaran-e Enghelāb-e Islami - Gardiens de la Révolution Islamique, généralement dénommés en Occident sous le vocable raccourci de "Gardiens de la Révolution"), les bassidji (Niruyeh Moghavemat Basij , ou « Force de mobilisation de la résistance »). Ce millefeuille, mélange hétéroclite de fanatiques religieux, de patriotes exaltés, de paramilitaires, de forces supplétives, verrouille toute évolution, et prévient tout révolution (les précédentes tentatives ont été sévèrement réprimées par le régime).
Qui peut croire que, ayant invalidé des milliers de candidatures, le conseil des gardiens de la révolution aurait choisi 4 candidats dont l'intention aurait été de bouleverser le régime en place depuis 1979 ? restons sérieux. A moins de voir un scénario à la Mikhail Gorbatchof, aucune altération majeure à la République islamique d'Iran ne se fera jour. Sauf à envisager une attaque militaire israélienne ou américaine (scénario à l'irakienne), le système saura réprimer les vélléités révolutionnaires de telle ou telle partie de la société iranienne. Les quatre candidats en lice ne sont que quatre facettes du pouvoir en place, quatre pseudos-rivaux, représentants de factions qui se livrent un combat loin des caméras. Combat pour le pouvoir, et non combat pour le peuple iranien, qui dans sa grande majorité vit pauvrement. La politique économique aberrante du gouvernement sortant n'ayant fait que renforcer cet état de fait. Cependant, la population reste à un niveau d'éducation remarquable, ce qui tranche avec les voisins arabes (les iraniens sont majoritairement persans et chiites; la minorité arabe jouit d'une situation peu enviable; les azeris étant d'une origine posant question : turcs, persans, causasiens ?).
Les manipulateurs d'élections ne sont pas l'apanage des totalitarismes, de droite ou de gauche, des théocraties ou autres systèmes politiques ayant fleuri à la surface de la terre. La CIA met tout son poids depuis 60 ans pour évincer tel ou tel président ou premier ministre légitime pour les remplacer par des satrapes à la solde des intérêts états-uniens.
Quand on connait l'état réel des démocraties occidentales, tous ses leaders devraient rester modestes et bien se garder de pousser des cris d'orfraies quand le résultat de telle ou telle élection ne correspond pas à leurs intérêts de classe. Les tripatouillages de bulletins électoraux aux USA ont conduit Richard Nixon à être battu par JF Kennedy, Al Gore a être battu par GW Bush
. Les rédécoupages électoraux en France se font sur des bases profondément anti-démocratiques afin de préserver des baronnies. Les exemples sont légions. Laissez les iraniens décider de leur futur. Européens, nous étions tels des cochons dans la fange, quand les élamites, les achéménides, et autres grandes civilisations du monde iranien, iradiaient leur culture, leur rafinement. Les voisins : Assyriens, Babyloniens ... leurs arts, leurs langues, leurs systèmes juridiques, économiques et politiques ont précédés les nôtres de plusieurs millénaires.

Pour aller plus loin :
* des universitaires US ont rédigé un appel, que j'ai découvert via Mediapart le 22 juin, dans lequel on lit "Observers might find the situation confusing, since Iran has long been an isolated country and the everyday Iranian is unknown to the outside world. One cannot even prove that there was a fraud." (Les observateurs extérieurs pourraient bien trouver la situation confuse, dès lors que l'Iran est depuis longtemps un pays isolé et que l'iranien de tout les jours est inconnu du monde extérieur à l'Iran. On ne peut prouver qu'il y a eu fraude). Texte complet de l'appel à l'adresse :
http://pulsemedia.org/2009/06/21/where-is-my-vote/

La raclée des anti-Sarko ...

Tel était le titre du Figaro Magazine post-élections européennes. Qu'en penser ? rappelons que le titre est grand fournisseur de contre-vérités, de mensonges éhontés, bref de propagande sous forme de bouillie intellectuelle.
La raclée des anti-Sarko, donc. Si l'on présente les résultats sur la base du corps électoral tout entier et non sur la base des seuls votants, les résultats permettent des conclusions toutes différentes de celles, provocatrices et stupides, du Fig Mag :



Votes Score officiel Vrai score
UMP 4798921 27,87% 11,03%
PS 2837674 16,48% 6,52%
Europe Ecologie 2802950 16,28% 6,44%
Modem 1455225 8,45% 3,35%
FN 1091755 6,34% 2,51%
Front de gauche 1041755 6,05% 2,39%
NPA 840713 4,88% 1,93%
MPF/CNPT 826269 4,80% 1,90%
Ecolos Indép 625220 3,63% 1,44%
Dupont-Aignant 304769 1,77% 0,70%
LO 206119 1,20% 0,47%

Qui s'est pris une raclée ? quand le parti unique de la majorité présidentielle ne recueille le soutien que de 11.03% des électeurs inscrits, que le taux d'abstention est encore une fois élevé :
Date Taux abstention
2009 59.35%
2004 57.24%
1999 53.24%
1994 47.29%
1989 51.2%
1984 43.28%
1979 30.29%

Le pouvoir sarkozyste s'enferre dans une stratégie idiote de négation des réalités. La situation des français se dégrade, mais le pouvoir refuse toute responsabilité. Et laisse filer les déficits publics. A plus de 80% du PIB à l'heure actuelle, il est permis de s'inquiéter. Le pouvoir navigue à vue mais s'émeut de manière outrancière du prétendu coup d'état en Iran (lire par ailleurs). Diversion bien illusoire. Et puis, prendre cet air sérieux, en appeler à la communauté internationale, l'ONU, comme le fit le porte-parole du gouvernement Jacky Lefebvre, relève de l'indécence. Nicolas Sarkozy a à plusieurs reprises critiqué ouvertement ou tenté de contourner les institutions de la république (institutions dont il est supposé être le garant selon termes mêmes de la constitution de la Ve république). Nicolas Sarkozy qui trouve Ben Ali, dictateur tunisien, bien sous tous rapports, mais voue aux gémonies Mahmoud Ahmanidedjad. Sauf que ce dernier, diplômé du très valable système universitaire iranien (il n'est qu'à voir la facilité déconcertante avec laquelle nombre d'étudiants iraniens réussissent aux concours d'entrée dans les facs américaines, y compris Stanford) est bien plus cultivé et plus habile politicien que le minable Sarkozy. N'en déplaise à certains qui diabolise Ahjmadinejad, n'ayant pas les moyens de comprendre les subtilités de la communication à l'iranienne. De là à se féliciter de la ré-élection d'un virulent anti-sémite à la présidence iranienne, comme l'a fait Hugo Chavez, il y a un gouffre. La condamnation ferme de tout anti-sémite reste fondamentale. Les amitiés( du président vénézuélien sont, j'en conviens, plus que problématiques : Alexandre Loukachenko (dictateur biélorusse), kmers rouges, Fidel Castro. La liste est, à tout le moins, édifiante. Mais la liste des amis de Nicolas Sarkozy n'est pas très recommandable, déterminée par les seuls critères de la connerie politique franchouillarde, dont N.S. est un digne représentant, archétype du pignouf inculte, arriviste, parvenu, prosaïque, bête et fier de l'être.

Pour aller plus loin :
*
L'abstentionnisme, un phénomène hexagonal , Bruno Cautrès, « L'exception française : mythe ou réalité ? », Hors-série N° 46 - Septembre-Octobre-Novembre 2004 http://www.scienceshumaines.com/articleprint2.php?lg=fr&id_article=13720
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