samedi 27 décembre 2008

Quelle justice ?

D'après agence , concernant l'affaire du sabotage d'une ligne du réseau ferré TGV-Est :

"Ils veulent casser Julien et Yldune. Ce matin, entre le moment où Julien est sorti de prison et le moment où il est rentré au tribunal, il a été déshabillé plusieurs fois. A chaque fois on le met complètement nu. Le but c'est de l'humilier", a déclaré Gérard Coupat vendredi sur France info. Cette image insupportable de son fils "nu devant des policiers hilares" est selon lui une arme politique : il estime "qu'on veut se servir de ces deux jeunes pour intimider la jeunesse dans son ensemble en la dissuadant de manifester au risque de subir le même sort. Tout cela n'annonce rien de bon et risque de contenir en germe des choses plutôt violentes comme on l'a déjà vu ailleurs". Et il est persuadé qu'on a "affaire depuis le début à une volonté du pouvoir et du ministère de l'Intérieur visant à instrumentaliser la justice à des fins politiques". Il en veut pour preuve le fait "qu'alors qu'un juge indépendant avait demandé la libération de Julien, le parquet n'a cessé de faire obstruction, misant sur la loi du plus fort. Ça dure et ca durera" tant que le ministère de l'Intérieur "en aura décidé ainsi".

Sans aller aussi loin, la gauche s'interroge. La décision de justice de maintenir en détention Julien Coupat, incarcéré depuis la mi-novembre, est ainsi "difficile à comprendre" pour le Parti socialiste, où l'on craint que les "leçons d'Outreau" n'aient pas été retenues. André Vallini, secrétaire national du PS chargé de la Justice, qui présida la commission d'enquête sur l'affaire d'Outreau, souligne qu'il "existe en effet des possibilités de contrôle judiciaire très strict allant jusqu'à l'assignation à résidence, de même qu'il y a des possibilités d'empêcher toute concertation entre les protagonistes présumés et qu'il n'est pas difficile de s'assurer des garanties de représentation d'une personne mise en examen".

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S'il advient qu'effectivement des policiers ont eu ses scandaleuses pratiques et attitudes, qui pourra en être surpris ? J'ai déjà évoqué l'extrême importance des critères de recrutement dans la police nationale : on ne peut se permettre de mettre de côté l'attachement aux valeurs républicaines. Que l'on se souvienne comment le pouvoir Nazi a pu mettre en place la horde des blockova, stubova, kapos.

Après Abou Graib, Guantanamo, les guerres en Afghanistan, Irak, Liban, le temps n'est toujours pas venu que le flot des images dégradantes se tarisse. La barbarie humaine. Quand un pays élit un président qui raillait les "droits-de-l'hommistes", on peut s'attendre à bien des dérives dans la pratique du pouvoir. Hillary R. Clinton peut bien invoquer le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple, nul ne pourra croire en la sincérité de ces hommes et femmes de pouvoir.

Cette affaire d'un pseudo-groupuscule terroriste me fait penser à ces quelques activistes bretons qui ont recours dans les années 90 à la violence dans leur lutte pour une certaine reconnaissance de la culture bretonne (que Chirac, Sarko, Jospin se rassurent, le temps joue pour les jacobins et leurs affidés; cette culture pluri-centenaire ayant déjà subi les assauts répétés de la république depuis plus de 100 ans, l'identité régionale est sur un mauvais chemin : soit on nous joue le violon mercantile du revival Celte, soit on tombe dans le nationalisme de comptoir, soit on constate l'aculturation. Il est loin le temps où les 4 parfums de la langue bretonne embaumait la vie dans le province. La langue est un véhicule culturel puissant. Trégorois, Vannetais, Léonard, Cornouaillais, tous ceux-là étaient bretons mais à leur manière. Ils étaient héritiers d'une culture un temps partagé avec les cousins Gallois et du Cornwall anglais. La langue galloise et "le" breton furent mutuellement compréhensibles jusqu'au 9e siècle soit 300 ans après la fin de la migration IV/VIe vers la Bretagne Armoricaine). Ceux-là sont placés en détention "provisoire" depuis plusieurs années, sans qu'aucun procès ne soit programmé. Là aussi, il s'agit bien de l'instrumentalisation du pouvoir judiciaire par le pouvoir politique. Quels que soient les faits reprochés à un justiciable, peut-on accepter que l'on puisse le placer pendant plus de 5 ans en détention provisoire sans qu'aucun jugement au pénal ne soit intervenu ? il faut vraiment que l'Etat soit devenu paranoïaque au dernier degré pour utiliser ce type de procédures à l'encontre de gens qui sont bien loin de représenter un danger pour la Nation. Sarkozy est, lui, un réel danger avéré pour la Nation. Mais l'Etat, monarchie sous l'Ancien Régime, République depuis (avec les intermèdes que l'on sait, eg Restauration, Vichy), ne peut s'empêcher de punir les petits, les sans grades, tout en ménageant (le mot est faible) les puissants (financiers, pdg, ...). L'appareil de l'Etat (police, justice, armée) est consubstantiellement fasciste analysait Lénine. A méditer.

mercredi 26 novembre 2008

c'est si beau le capitalisme ...

C'est si beau le capitalisme, n'est-ce pas ??? des américains qui se suicident en revenant des guerres "pour la liberté", des américains qui se suicident acculés par les dettes (le prêt immobilier à rembourser, les soins hospitaliers, les médicaments, les assurances), le rêve américain matérialiste est en train d'exploser. Qu'y pourra faire B. Obama ? sauter comme un cabri en disant "yes we can, yes we can, yes we can" ? sa campagne a été un vide sidéral, mesurée à l'aune de la sincérité et du contenu idéologico-stratégique.
Alors que l'on me prenait pour un extrémiste de gauche depuis des années parce que je rejetais, arguments à l'appui, ce système barbare (et je vais jusqu'à dire, consubstentiellement fasciste), et bien, aujourd'hui, de plus en plus de gens autour de moi ou ailleurs voient bien que cette analyse n'avait rien de farfelue, mais relevait de l'élémentaire analyse critique (ce qui ne me réjouis nullement ni ne renforce mon ego). Mais c'est aux victimes de ce système, même celles qui y ont cru pour gagner de la tune, de la tune, en se moquant bien des conséquences sociétales, qu'il faut aujourd'hui penser, à nos frères en humanité. Qu'ils soient des basses castes en Inde, travailleurs pauvres en Occident, paysans sud-américains ou Africains sous le coup des dégâts combinés des politiques d'ajustement structurel et d'introduction massive des OGM.
Abonné à La Riposte depuis que j'ai découvert ce petit groupe de fidèles à l'idéal communiste , je me ré-abonne au tarif "soutien". Pourquoi pas vous ? qu'est-ce que 30 Euros (au lieu de 20) pour aider des socialistes militants, à des années lumières des querelles, rabibochages, re-querelles, positionnement électoraliste, des élus du Parti Socialiste ?

Mes amis de la fédération de la Libre Pensée de Haute-Garonne, m'ont transmis un lien en demandant si possible de faire suivre, afin que le documentaire en question obtienne la meilleure diffusion en salle : http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html.

Si on n'est pas mal barrés, ça y ressemble fort. Les économistes (de droite, je précise) nous prédisent UN million de sans emplois en plus pour 2009 en France. Si seulement ils pouvaient se tromper, mais cette fois-ci le boulet du canon ne va pas passer à côté mais en pleine poire. J'en ai la nausée.

Bonne soirée.

L'article de La Riposte : (que l'on peut retrouver sur www.lariposte.com)
Des millions d’Américains risquent de perdre leur logement

Des millions d’Américains risquent de perdre leur logement

Des millions de familles américaines sont menacées d’être expulsées de leur logement. Il y a celles qui ne parviennent pas à payer leur crédit, mais aussi celles dont les propriétaires ne parviennent pas à payer le leur. La situation est telle qu’un Shérif du comté de l’Illinois, Tom Dart, a décidé de refuser de procéder à de nouvelles expulsions.

Tom Dart s’explique : « La partie la plus difficile de notre travail, c’est sans doute celle que réalisent nos unités d’expulsions. A tout moment, nos officiers peuvent être sollicités pour jeter des familles à la rue. Elles se retrouvent dehors, tous leurs biens déposés sur le trottoir et exposés au vol. Là où les compagnies de crédit ne voient que des bouts de papier, mes officiers voient des êtres humains. »

Et le Shérif poursuit : « Aussi dures soient-elles, les expulsions font partie de notre travail. Par contre, nous ne sommes pas supposés faire le travail qui relève des banques et compagnies d’assurance. Trop souvent, lorsqu’ils arrivent chez les gens pour procéder à une expulsion, nos officiers découvrent que le locataire paye son loyer chaque mois, et ignore complètement que le propriétaire du logement a cessé d’utiliser l’argent du loyer pour rembourser son crédit. Du coup, le locataire n’a pas été averti qu’il allait être expulsé. Tout ça parce que la banque ou la compagnie de crédit n’a pas fait la moindre démarche pour déterminer, en amont, qui vit dans le logement ciblé – alors que, pourtant, la loi les y oblige. Les banques partent du principe que c’est aux autorités locales – et donc au contribuable – de payer les frais de ces enquêtes préalables aux expul sions. Ça suffit. Nous ne ferons plus le travail des banques. Nous ne prendrons plus les locataires par surprise avec de tels ordres d’expulsion ». (The Chicago Sun-Times du 9 octobre).

Cette seule année, aux Etats-Unis, près de 750 000 personnes ont été expulsées de leur logement – et 107 500 pour le seul mois de septembre. Ces chiffres indiquent une accélération brutale des saisies hypothécaires. D’après une analyse de Market Watch, « ces saisies ont augmenté de 6,6% entre août et septembre, de 25,8% entre le deuxième et le troisième trimestre, et de 82,6% par rapport à l’an passé. Tout porte à croire qu’à la fin de l’année, le chiffre d’un million de saisies sera dépassé. » Le même rapport révèle que le nombre de « pré-saisies » – qui incluent différents types d’avertissements et mises en demeure – devrait atteindre les 2 millions, à la fin de l’année, ce qui est inédit.

Le Wall Street Journal du 8 octobre rapporte que près d’un propriétaire sur six, aux Etats-Unis, est « sous l’eau » : le montant de son crédit immobilier est supérieur au prix actuel de son logement. C’est la conséquence de la chute brutale des prix de l’immobilier : plus de 30%, dans certaines régions du pays. Cela concerne 12 millions de propriétaires, soit 16% d’entre eux – contre 4% il y a deux ans.

A la lecture de ces chiffres, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi tant de travailleurs américains ordinaires ont réagi avec colère à l’annonce du plan de sauvetage des banques adopté par le Congrès. Parmi ceux qui sont les plus durement frappés par les saisies hypothécaires, il y a les victimes des méthodes prédatrices et frauduleuses des vendeurs de subprimes.

« Quand vous viendrez m’expulser, je serai morte »

Le 3 octobre dernier, à Akron, dans l’Ohio, une retraitée de 90 ans, Addie Polk, a tenté à deux reprises de se suicider avec arme à feu lorsque des Shérifs sont venus pour l’expulser de son logement. Elle y vivait depuis 1970. En 1982, elle et son mari avaient remboursé leur crédit immobilier, juste avant leur retraite. En 2004, confrontée à des difficultés financières, elle a pris un crédit immobilier de 45 620 dollars, sur 30 ans, ainsi qu’un crédit à la consommation de 11 380 dollars, auprès de Countrywide Home Loan. Elle avait 86 ans. Puis elle a commencé à ne pas pouvoir payer son crédit – et en 2007, Countrywide a engagé une procédure de saisie. Son logement a été vendu aux enchères à Fannie Mae, début 2008, pour 28 000 dollars, et les Shérifs ont commencé à envoyer les avis d’expulsion. Countrywide était l’un des pires spéculateurs du marché des subprimes. Il s’est effondré en 2007. Dans ce cas, heureusement, Ad die Polk a survécu et Fannie Mae a accepté de passer l’éponge sur son crédit.

En juillet dernier, à Taunton (Massachusetts), une mère de 53 ans, Carlene Balderrama, a envoyé un fax à sa compagnie de crédit : « Quand vous viendrez m’expulser de ma maison, je serai morte. » Lorsque les officiers de police sont arrivés sur place, elle s’était tuée avec le pistolet de son mari.

La crise frappe également les classes moyennes. Le 6 octobre, la chaîne CBS a raconté l’histoire de Ross DeMona. Il y a deux ans, elle a acheté une maison luxueuse avec 5 chambres, 3 salles de bain et une piscine en intérieur. Elle travaillait comme agent immobilier et pouvait se permettre de payer 2700 dollars de crédit par mois. Mais son affaire s’est effondrée au moment même où ses mensualités de crédit ont bondi à 4900 dollars. Elle est aujourd’hui sous le coup d’une procédure d’expulsion. « Bush n’est préoccupée que par les AIGs de ce monde », dit-elle. « Pour eux, c’est gagnant-gagnant – et pour moi c’est perdant-perdant. »

Dans la riche ville de Santa Barbara, la mairie a ouvert douze parkings spéciaux pour tous ceux qui dorment dans leur voiture. Parmi eux, Craig Miller, sa femme Paige et leurs deux enfants vivent dans un camping-car. « Cette famille vivait dans une grande maison avec quatre chambres et une piscine. Mais ils ont tout perdu lorsque l’affaire de Craig a coulé », raconte un journaliste de la BBC.

Barbara Harvey, 67 ans, mère de trois enfants, était cadre dans un organisme de crédit. Mais elle a été licenciée, en mars dernier. Elle vit désormais sur ce même parking de Santa Barbara, dans une petite Honda.

Un travailleur social de Santa Barbara commente la situation : « Ces gens ont travaillé toute leur vie pour avoir une maison, et à présent tout s’effondre, tout est en cendres. Ce n’est pas le rêve américain, c’est le cauchemar américain. »

Des villes de tentes ont commencé à émerger à travers le pays : à Fresno, Reno, Seattle, San Diego, Portland, Columbus, etc. Cette crise n’est pas terminée, loin s’en faut. Et elle constitue le terrain d’une remise en cause profonde et durable de la validité du système capitaliste, aux Etats-Unis.

La Riposte
Publication : lundi 24 novembre 2008

lundi 24 novembre 2008

India Shining ???

le fameux slogan électoral de la campagne législative indienne de 2004 a fait long feu. Utilisé par le parti Hindou radical nationaliste (BJP, Bharatiya Janata Party), il aurait du permettre selon les experts en marketing politique, une large victoire du BJP, profitant opportunément de la déréglementation imposée par le FMI et mise en pratique, et d'une mousson exceptionnelle. Hélas, les augures s'étaient rétamées une nouvelle fois, et le Parti du Congrès remporta largement ces élections générales. Rendez-vous en mars 2009 pour la prochaine édition, sur fond de tensions ethniques exacerbées.
Qu'en est-il de cette Shining India ? d'aucuns se sont réjouis de la montée d'une classe moyenne (je pense aux gens qui ont le coeur, et surtout le porte-monnaie, à droite). Elle est estimée à environ 300 millions d'âmes. Cette classe moyenne soutient la sacro-sainte croissance du PIB. Le PIB bénéficie grandement de l'explosion de l'outsourcing pratiqué par les grosses et moyennes entreprises occidentales, trouvant là-bas une main-d'oeuvre qualifiée et peu payée (comparativement à leurs homologues occidentaux à diplôme équivalent). La classe moyenne est avide de consommer, se contente d'un bambin (enfant-roi ....). On construit pour elle des nouveaux quartiers en périphérie des grandes villes, des centres commerciaux à la mode USA (mall). Quelles valeurs sont portées par cette classe ? on peut s'inquiéter de l'occidentalisation des mentalités.
Au même moment, les chiffres sont incertains, environ 400 millions d'âmes vivent avec moins de 1 $ US par jour (soit environ 50 roupies). Le système des castes a été interdit par la loi, mais bien évidemment les mentalités n'évoluent pas sur le tempo dicté par les parlementaires. D'autant plus que le pays est ultra-religieux, et que le système de caste est fortement couplé à l'hindouisme tel que pratiqué en inde, dans sa diversité extrême. Disons que la dévotion des pélerins fait peur : on a l'impression, que comme ici les catholiques, le rite et le rituel ne sont plus compris dans leurs fondements spirituels et initiatiques, mais répétés par pur respect de la tradition. Toutes les religions subissent ce même avilissement des consciences.
Le développement, après l'indépendance de 1947, d'une agriculture productiviste que ne renierait pas la toute puissante FNSEA française, a certes permis une auto-suffisance alimentaire, mais à quel prix pour l'environnement. Quand sont arrivés les OGM, patatras, la condition paysanne s'est encore dégradée. Ici comme ailleurs, les OGM ne tiennent aucune ment leur fausses promesses : baisse des rendements, dépendance des paysans aux semenciers mondiaux, baisse dramatique de la bio-diversité. Bien souvent les paysans travaillent une terre qui ne leur appartient pas, et seule une partie de la récolte leur revient (le reste allant pour rembourser les prêts accordés à des taux usuriers par de riches marchands. Comme ceux-ci payent à vil prix les artisans/producteurs, on ne s'étonne pas de leur richesse financière, couplée à une sécheresse du coeur).
Quand un pays a parfois plus de considération pour certains animaux que pour certains hommes et femmes, quand l'environnement est sacrifié sur l'autel de la productivité, quand la corruption gangrène le pays, quand les tensions inter-ethniques s'accroissent, il est proprement honteux de parler d'un pays qui brille, qui réussit.
Le pays est particulièrement paradoxal, nous a-t'on dit. Je n'aurais pas la prétention d'en avoir compris ne serais-ce qu'un petit bout. Je crois qu'un bon moyen de découvrir le pays est de pratiquer le darshan, à l'indienne. Regarder , regarder, mais pas avec ce regard propre, ou presque, aux occidentaux, qui juge, qui attend. Donner sans rien attendre en retour. En n'expérimentant, exclusivement hors de l'Occident, des relations humaines fraternelles, sincères, il m'a été donné de garder un faible espoir en l'humanité.


Merci à Geneviève ROUY pour ses éclairages sur la société indienne, que j'ai fort maladroitement tenté de digérer après trois semaines de périgrinations rajasthanaises.


Pour aller plus loin :
* http://en.wikipedia.org/wiki/India_Shining
* http://blogs.expressindia.com/showblogdetails.php?contentid=276913

samedi 22 novembre 2008

A l'attention des militants socialistes , et des autres ...

NOTRE DEVOIR
Notre devoir est haut et clair :
toujours propager l'idée,
toujours espérer,
toujours lutter jusqu'à la définitive victoire de la démocratie socialiste internationale,
créatrice de justice et de paix"
Jean JAURES
(extrait d'un discours pour Berlin, annulé, Jaurès s'étant vu interdit d'entrée sur le territoire du Reich. Publié dans L'Humanité du 7 juillet 1905.

LES LUMIERES
"Qu'est-ce que les Lumières ? La sortie de l'homme de son immaturité dont il est lui-même responsable. Immaturité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d'autrui, immaturité dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières !"
Emmanuel KANT, réponse à la question : qu'est-ce que les Lumières (5 décembre 1783)


Pour aller (un) plus loin :
* http://www.marxists.org/francais/general/jaures/works/1905/07/jaures_19050707.htm
* Discours intégral de Jaurès : http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2506327.image.f1.langFR, page1 puis suite en page 2.
* http://www.ac-creteil.fr/lycees/94/ccolombsucy/projets/philo/kant_sapereaude!.htm

dimanche 26 octobre 2008

Le camarade Sarkozy se rapproche du socialisme ...

Suite à un message provocateur d'Etienne :
Discutons en, camarade !
>> Lire:
>> http://www.liberation.frmonde/0101164783-chavez-le-camarade-sarkozy-se-rapproche-du-socialisme

Voici ma réponse :
Chavez a dit que Nicolas Sarkozy était en train de "se rapprocher du socialisme" et était invité à discuter de l'élaboration d'un "nouveau système" pour faire face à la crise financière.

C'est une position ambivalente, assez classique chez Chavez, d'un naturel provocateur. Mais c'est bien éloigné de mes propres positions, bien que non opposées au socialisme du 21e siècle. Encore faudrait-il que le corpus idéologique de ce nouveau socialisme soit clairement défini, ce que Chavez se refuse à faire depuis 10 ans. Il a d'ailleurs eu comme conseiller un de ses multiples "traîtres" à la cause socialiste internationale, Heinz Dieterich (usant de la tactique éculée du cheval de Troie). Pour paraphraser maladroitement Mon Général, "il ne suffit pas de crier "socialisme du 21e siècle, socialisme du 21e siècle, socialisme du 21e siècle"", en sautant comme un cabri", pour être fidèle aux idéaux communistes. Il faut tout autant être capable de prendre ses distances avec une pensée qui n'avait pas les moyens de prendre en compte les ravages environnementaux du capitalisme, la marxisme originel s'étant bâti sur la révolution industrielle. Apporter des milliards d'euros à ses amis banquiers n'a rien de socialiste. Quand on n'a pas été capable de financer le RSA malgré des mois de discussions/tergiversations, et que l'on trouve en un week-end 6 fois plus de tunes pour tenter désespérément de sauver un système capitaliste en pleine folie auto-destructrice, il ne s'agit même plus d'être pris en flagrant délit d'incohérence idéologique mais il s'agit bien plus d'une mystification de bas étage. Mais , selon une théorie en vogue, les crises à répétition sont consubstantielles du capitalisme, qui renaîtrait périodiquement de ses cendres. Sauf que l'on voit bien que dans ces crises, tout le monde ne se retrouve pas en slip. Il y a tout ceux qui profitent des faillites des banques et des entreprises, des gens jetés à la rue (cf entres autres , les centaines de milliers d'américains qui ont perdu leur maison en 2007/2008), pour amasser encore plus d'argent.

Notre devoir
notre devoir est haut et clair : toujours propager l'idée, toujours espérer, toujours lutter jusqu'à la victoire de la démocratie socialiste internationale, créatrice de justice et de paix.
Jean Jaurès

Je suis prêt parier que Nicolas Sarkozy, qui a nommé si souvent durant sa campagne Jaurès, Mendès et Blum, n'a jamais lu ces lignes, toutes empreintes du feu sacré et de la foi laïque qui animait l'authentique camarade Jaurès. Ni ces lignes, ni aucune autre de Jaurès, Mendès, Blum, Hugo, La Boétie etc ...
La ligne politique de N.S. : mensonges , trahisons, coups bas, démagogie populiste, arrivisme. Les français en ont majoritairement voulu ainsi, en partie par cécité politico-historique, en partie par adhésion sincère à un "american dream" bleu/blanc/rouge, bâti sur des valeurs profondément individualistes et matérialistes. Bâti sur des aspirations prosaïques. On sait que mes valeurs ne sont pas celles-là. On sait que mes aspirations ne sont pas de cette veine là. Chacun son chemin.

Le socialisme du 21e siècle ne peut se concevoir que dans une stricte fidélité aux idéaux socialistes, à la méthode et aux objectifs socialistes, tels que débattus au 19e (sous la houlette de Karl Marx). Le dévoiement profond de ces idéaux par tous ceux qui s'en sont réclamé, fut-ce pendant 20 ou 30 ans, avant de lâchement s'abandonner aux sirènes du capitalisme et de la vie petit-bourgeoise, ce dévoiement petit-bras, précédé par l'expérience totalitaire soviétique et ses avatars asiatiques, ont accrédité à la fin du 20e siècle la thèse TINA. Que l'on se souvienne de ceux qui ont bâti le programme du CNR du 15 mars 1944 : ceux-là n'envisageaient aucune forme de renoncement. Leur vie toute entière fût consacrée à la mise en pratique de leurs idées. Que faut-il faire en ce début de 21e siècle : pas de compromission avec les oligarchies (cf Russie, Bolivie, Vénézuela) et la bourgeoisie et la petite bourgeoisie (cf gouvernements Lula Da Silva, Chavez, Morales) mais pas de haine non plus envers ces groupes humains, nationalisation des moyens de production (sans compensation, autant que faire se peut; encourager l'auto-gestion, les coopératives locales ou régionales), indépendance des organes de presse nationaux et régionaux, réforme profonde de la PAC avec retrait rapide des subventions aux exploitations productivistes et transfert de cet argent vers un plan d'évolution sur 5 ans vers l'agriculture biologique (sur la base du volontariat), réforme de l'ONU, grand plan d'éducation populaire (visant à développer l'esprit critique, à redonner goût aux carrières scientifiques), abandon du système bi-camériste (conçu dès l'origine par Napoléon pour neutraliser les saillies réformatrices et progressistes), développement du frêt ferroviaire au détriment du frêt routier et aérien dans le cadre d'une vaste refonte du système commercial mondial (taxations progressives pour décourager les anciennes pratiques prédatrices et faire décoller le commerce équitable), faire respecter le droit du travail à l'échelle européenne et mondiale, arrêter toute politique néo-impérialiste dans la cadre d'une vaste refonte de la diplomatie mondiale. Les chantiers sont multiples, la transformation collective de la société ne se concevant que dans une vision à long-terme (s'opposant ainsi à des politiques menées à la petite semaine, sans cohérence, sans souffle véritable propre à redonner non seulement un espoir, mais à transformer la société en profondeur). Ce projet est porté par trop peu de gens pour devenir réalité. Il n'en reste pas moins du devoir de tout socialiste sincère de poursuivre le combat des idées, dans la fidélité à nos anciens, dans le respect des combats sociaux et sociétaux passés. Se changer d'abord avant d'espérer un changement global. Débuter le chantier de sa transformation individuelle (mais non individualiste) en croyant à l'utopie d'un monde meilleur. Non pas pour se donner bonne conscience, mais parce qu'au fond de soi, l'on sait que ce combat est juste et indispensable.

Amitiés socialistes.

Eric.

(ébauche à peaufiner)

Pour aller plus loin :
* Reformism or revolution, marxism and socialism of the 21st century", Alan Woods, wellred books (wellred.marxist.com)
* chronique d'Edwy Plenel du samedi 25 octobre 2008, France Culture (à podcaster jusqu'au samedi 31).

dimanche 5 octobre 2008

Parangons de vertu ... rions un peu

D'après LCI :
Lors du mini-sommet convoqué à Paris par N.S. , les dirigeants politiques présents ont appelé "à un sommet international le plus tôt possible sur la refondation du système financier". "Cette refondation s'organisera autour des principes suivants: tous les acteurs des marchés financiers devront être régulés ou surveillés et pas seulement les banques commerciales". Le mini-sommet constituait la première étape de l'hypothétique "remise à plat" du système financier international que Nicolas Sarkozy a proposée à ses pairs.

Nous voilà donc face à une énième crise du système financier mondial, et nous voilà donc face aux mêmes pseudos bonnes résolutions de "transparence, régulation" de ce système opaque et dérégulé. Nous voilà face à ces pseudos paragons de vertus, Sarkozy, Berlusconi et Brown en tête (je mets Angela Merkel dans un autre panier que celui contenant parmi les plus véreux politiciens européens). Ils ont enfin compris, enfin prétendument. A chaque crise, les mêmes discours convenus : "Nous vous avons compris" lancent-ils unanimes aux peuples inquiets. Ben voyons mon colon. Et que va-t'il se passer : poursuite des plans de privatisations (afin de récupérer, très temporairement, du cash), poursuite du démantèlement des derniers espaces de l'Etat providence, casse sociale et environnementale généralisée. Jusqu'à la prochiane crise (celle des LBO ou de je ne sais quel junk fund). Le même bal de faux-culs sera convoqué. Tous se prétenderont partisans d'une voie médiane entre (ce sont les mots de F. Fillon devant un parterre de gogos UMP) "le capitalisme dévoyé et le dirigisme socialiste". Qui peut croire que N.S. souhaite une remise à plat du système financier mondial ? qui peut croire que ce nabot a les moyens de convaincre ses partenaires ? qui peut croire que des législations contraignantes seront adoptées par les différentes "représentations nationales" (les guilemets sont nécessaires tant les députés ne représentent plus dans leur majorité que leur propre caste, celle des nantis) ? nul citoyen éclairé ne croira ces balivernes. Just bullshit !

mercredi 1 octobre 2008

Les Etats-Unis Socialistes d'Amérique ....

Mais dans quelle état de confusion idéologique ce monde est-il tombé ? d'après le Monde Diplo, mon agriculteur bio colombien favori, et d'autres s'exprimant en Europe ou aux Etat-Unis, le fait de prendre dans la poche des contribuables pour renflouer des établissements bancaires sous le coup de quasi faillite serait une mesure "socialiste". Oh là, mais relisez vos classiques ! tout ça ne contient pas une once de socialisme (socialisme du 19e, du 20e ou du 21e siècle). Les motivations du clan Bush, des pseudos-travaillistes UK (caisse d'épargne) et du Benelux (banque Fortis), ne sont aucunement inspirées par des lectures socialistes de la situation mondiale du capitalisme financiarisé devenu quasi incontrôlable. Il s'agit pour tous ses beaux messieurs en cravate de faire un enième énormissime cadeau à leurs copains coquins, tous empêtrés dans les crises des crédits immobiliers à risque, des LBO (Levereage Buy Out) et autres hedge funds. Ces messieurs ne veulent pas se résoudre à voir dans les évènements récents, les prémices d'une crise létale du capitalisme dévoyé."Cash for trash" that's what it is. Quelle honte de proposer un plan Bush/Paulson prêt à gaspiller 700 milliards de dollars pour payer les pots cassés de banquiers avides et corrompus. Nationalisation sans compensation : voilà la seule mesure socialiste à appliquer. Que ces beaux messieurs qui ont tant profité de la crédulité, de l'avidité, de la cupidité de tant de "petits" épargnants qui ont cru bon donner leur argent à ses fumistes de banquiers : la retraite part en fumée, le plan de financement des études du gamin part en fumée, etc ... mais puisque le rêve américain était tant lié à cet attrait pour la réussite sociale, que tous ces gens assument leurs convictions capitalistes. Que personne ne leur viennent en aide. Qu'ils en crèvent de leur capitalisme prédateur, impérialiste, petit-bourgeois, aliénateur. Ils ont tant haï les politiques keynesiennes qui ont donné des périodes durant lesquelles l'Etat américain fut de loin le plus interventionniste, durant lesquelles les impôts divers étaient aux taux réels les plus élevés, durant lesquelles le progrès social fut possible et l'économie la plus florissante : il faut rétablir les faits et non se laisser bercer par les historiens ou politiciens révisionnistes qui éructent à toute hausse des impôts fusse à des fins de redistribution, de politique sociale et culturelle volontaristes et non idéologiques.
Qui dispose aujourd'hui des outils de compréhension de cette crise ? est-on citoyen si l'on se contente de vilipender les margoulins qui ont dilapidé l'argent des épargnants, qui se sont octroyé des rémunérations scandaleuses ? Les marxistes eux sont bien équipés intellectuellement. Ils analysent depuis plus de 150 ans le système capitaliste. Eux ne sont pas surpris ni désemparés face à la crise majeure actuelle. Combien de tant va t'il encore falloir subir les réalités cyniques du "nationaliser les pertes, privatisons les profits" (Mais que fit notamment le gouvernement de Gordon Brown : il nationalisa les créances douteuses et transféra à la banque privée espagnole Santander les actifs "sains")? combien de temps avant une conscientisation des masses ? combien de temps avant que les hommes et les femmes refusent que d'autres fassent des choix pour eux (sur les plans politiques, consuméristes, culturels, informationnels) ? combien de temps avant que les hommes et les femmes refusent les multiples chaînes de leur aliénation ? combien de temps avant que les hommes et les femmes expulsent leur part d'animalité et se relèvent, hommes et femmes libres, responsables de leurs choix, de leurs actes, de leurs destins ? combien de temps ? Les maçons nous rappelent que lorsque le temps s'assombrit, que les ténèbres de l'animalité étalent leur sinistre emprise le monde entier, ceux qui sont lucides se doivent d'afficher plus ouvertement leurs convictions humanistes. Que ces mesieurs et dames se reconnaissent et agissent. Je n'ai pas la prétention d'être suffisament évolué pour me joindre efficacement à leur juste combat pour l'émancipation, pour l'élévation morale et spirituelle de l'ensemble de la race humaine. Mais que l'on ne se trompe pas, le moment est extrêment grave. L'élection d'un Nicolas Sarkozy pour le petit pays qu'est la France, la récupération des thèses de l'extrême-droite, constituaient un changement de cap brutal vers l'animalité, la brutalité, le cynisme, l'immoralité , l'amoralité même, le mensonge d'Etat comme mode de fonctionnement (cette pratique du mensonge d'Etat n'est par récente, ici comme ailleurs, elle n'en est pas moins abjecte et inacceptable). Ce moment de mai 2007 était, je l'avais pressenti comme tant d'autres, un moment de basculement, non point de rupture comme il fut prétendu. Mais ce basculement vers les ténèbres politiques, vers l'avillissement de plus en plus prégnant (mass-media, cinéma, littérature, musique, consommation). Ne rejetons pas pour autant sur les autres (Bush, sarkozy) ce qui est de notre responsabilité à chacun. L'examen de conscience sera d'autant plus douloureux qu'il sera retardé par mièvrerie, couardise, fanéantise.

(ébauche à compléter).

Pour aller plus loin :
* NY Times : http://www.nytimes.com/2008/09/22/opinion/22krugman.html, Paul Krugman , 21 sept. 2008.
* Business Week, http://www.businessweek.com/magazine/content/08_31/b4094036650513.htm?chan=top+news_top+news+index_top+story
* Democracy Now (réseau d'information alternatif aux US), http://www.democracynow.org/2008/9/25/cash_for_trash_personal_junk_in
* Le Monde Diplomatique , Octobre 2008, "Sauver les ban,ques du désastre, Le jour où Wall Street est devenu socialiste", Frédéric Lordon (économiste)
* La Riposte : http://www.lariposte.com/La-crise-du-capitalisme-mondial-1086.html