dimanche 24 mai 2009

Leur objectif : casser le modèle social français issu du programme du CNR de mars 1944 !

Casser le modèle social issu du programme du CNR de mars 1944 ! tel est l'infâme, l'abject, l'immonde entreprise de Sarkozy et ses amis. Ils ne s'en cachent pas. Barrer la route à ses contre-réformes qui s’enchaînent, tel est le devoir des citoyens résistants. La tâche est énorme, tant le rouleau compresseur avance sans ménagement. On constate que désormais, ces gens n’ont plus peur de révéler au grand public leurs desseins liberticides. Anti-gaullistes, anti-socialistes, haïssant les institutions démocratiques : tout cela ne serait qu’archaïsmes à jeter au feu purificateur du nouveau Dieu néo-libéral. Saint Sarkozy promettait de réformer le libéralisme. On peut attendre. Qui croit encore aux sornettes déversées quotidiennement par les médias sarko-compatibles et par les cercles du pouvoir ? On lit dans le dernier Canard Enchaïné, que le président ne croit pas aux chiffres de Bercy qui donne une idée calamiteuse des finances du pays. Le président a du fric, des nanas, des palais, des thuriféraires, bref « il a la banane ». Tout s’écroule sous les coups de boutoir des ministres téléguidés par l’Elysée : Rachida Dati (réformes de la justice), Roselyne Bachelot (réforme de l’hôpital public), Brice Hortefeux. Tout un édifice qui a nécessité tant d’efforts, tant de sacrifices par le passé. Tout cela est foulé aux pieds, tout cela est méprisé. Je vous invite à lire la prose de Kessler (ça date un peu mais cela permet de vérifier les annonces faites à l’époque):

Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !
Par Denis Kessler, Challenges, 4 octobre 2007
Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.
Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d’« historiques » - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.
Cette « architecture » singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.
Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les « tabouise » en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.
Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.


(Le texte intégral reproduit ci-dessus peut être lu sur le site du magazine Challenges :
http://www.challenges.fr/opinions/1191448800.CHAP1020712/adieu_1945_raccrochons_notre_pays_au_monde_.html )

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Egalement sur le même sujet :
1) Denis Kessler révèle le programme secret de Sarkozy! "Adieu 1945!"
http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EEAEAVyFkEbmvlIfck.shtml


2) Les Echos, 5 décembre 2006, JEAN-MARC VITTORI : Fichu préambule de 1946… http://lucky.blog.lemonde.fr/2006/12/05/433/

3) Denis Kessler : Dernier verrou contre la privatisation de GdF : la Résistance et la Constitution de 1946. Version intégrale : http://www.lesechos.fr/info/analyses/4507976.htm
En effet, c’est tout le service public à la française qu’il faut abattre : rien ne doit subsister. Les dogmatiques ne sont pas qu’à gauche … qu’on se le dise. Le pouvoir, ici comme au US de George W. Bush (la rupture à la mode Obama a déjà du plomb dans l’aile), est coupé des réalités, s’enferre dans des politiques suicidaires.

Biographie Wikipedia
Denis Kessler (né le 25 mars 1952 à Mulhouse), est un grand patron français. S'affichant marxiste et même maoïste, dans sa jeunesse, il a été vice-président du MEDEF. Il est actuellement le président du groupe Scor.
Carrière
Actuellement :
  • Elu 'Industry Personality of the Year 2008' par le jury des 'Worldwide Reinsurance Awards' à un dirigeant pour sa contribution au secteur de l'assurance et de la réassurance (3 septembre 2008).
  • Président du Cercle de l'Orchestre de Paris, à compter de juin 2008
  • Président du "Siècle" à compter de janvier 2008
  • Éditorialiste au magazine économique « Challenges » à compter d'octobre 2007
  • Président directeur général du groupe Scor (réassurance) depuis le 4 novembre 2002
  • Membre du Conseil économique et social depuis 1993
  • Membre du Conseil national des assurances
  • Membre de la Commission des comptes de la nation depuis 1994
  • Administrateur de BNP Paribas, Dexia, Bolloré, Dassault Aviation et INVESCO
Auparavant (extraits) :
  • Vice-président exécutif du MEDEF de 1998 à 2002
  • Président de la Commission économique du MEDEF, chargé des affaires économiques et internationales de 1994 à 1998

//////////// On voit d'ailleurs non sans effroi que parmi les plus furieux de nos ultra-libéraux, nombreux sont ceux qui proviennent des rangs maoïstes/trotskistes des années 60/70 ... ///////////////

Ces textes éclairent les venues de Sarkozy sur le plateau des Glières (la première datant de l'entre-deux tours de la présidentielle 2007) : une pure récupération politique tant les actions, les messages du dit sarkozy sont à 180° des idéaux de la Résistance tels qu'exprimés dans le programme du Conseil National de La Résistance du 15 mars 1944 (après 6 mois de débats). Le plateau des Glières est un lieu de mémoire que Sarkozy vient profaner chaque année depuis 2007. Le Canard Enchaîné avait indiqué en 2008 son comportement de parfait goujat dans l'enceinte même du cimetière où les 105 maquisards, fusillés pas les forces nazies ,sont inhumés. Lui rigolait et lançait des vannes. Qu’il soit encore permis qu’il accède à ce lieu est un non-sens.

Tout Sarkozy fait de lui un ennemi des valeurs républicaines.

samedi 23 mai 2009

Hees bien raisonnable ?

Eh oui, c'est ça aussi la pratique de la rupture Sarkozyste : maintenir les copinages, les passes-droits, les bassesses. En fait, ne pas tenir les promesses de la dite rupture, mais briser un modèle social qui, même bancal, organisait encore un minimum de solidarité (un mot hors du vocabulaire de la clique Sarkozyste des Morano, Boutin, Coppé, Bernard, Dati, Yade et consorts. Tout à fait d'accord avec Mr Etienne pour extraire NKM de cette liste; NKM, "vilain petit canard" du gouvernement qui semble bien être largement au-dessus de la vile mêlée gouvernementale).
Mr Hees n'a pas hésité, à peine quelque jours après sa prise de fonction, à débouler dans le studio de France Culture dans lequel l'excellentissime Edwy Plenel dénonçait les méfaits de la collusion évidente entre le pouvoir sarkozyste et les grands medias. Une atteinte grave à la séparation des pouvoirs, à la vie pleinement démocratique. Mr Hees est venu derechef indiqué qu'il n'y avait rien de cela à Radio France, que Nicolas Sarkozy l'avait nommé parce qu'il voulait un homme indépendant et compétent. Mr Hees se déplacera-t'il aussi promptement si des intervenants abreuvent
ad nauseum les auditeurs de la logorhée néo-libérale, enfilant perle sur perle ?

Coup de gueule(Télérama n°3092), 18-24 avril 2009, page 13.

LE MONDE BOUGE - Mardi dernier, lors de son audition devant le CSA, un certain Jean-Luc Hees, candidat de l’Elysée au poste de patron de Radio France, se demandait tout haut si l’impertinence était bien utile sur l’antenne de France Inter… Eh bien nous, on ne se demande pas.

Et l’impertinence, bordel !


« Je ne suis pas sûr que les auditeurs de France Inter cherchent l’impertinence », déclarait Jean-Luc Hees, candidat de l’Elysée à la présidence de Radio France, lors de son grand oral devant le CSA, mardi dernier. Quelle tristesse ! « L’irrespect se perd », disait Coluche. Et c’est une mauvaise nouvelle, car c’est ce qu’on a inventé de mieux pour lutter contre le conformisme et la poisse du politiquement correct. Prenons cette fameuse « impertinence » à la racine. « A l’origine, explique la sémiologue Mariette Darrigrand, ce qui est pertinent, c’est ce qui est cohérent avec l’ensemble. Du coup, l’impertinence, c’est ce qui produit la rupture, ce qui casse un processus de pensée. Et par conséquent ce qui ouvre de nouvelles perspectives de sens. » Pourquoi les auditeurs de France Inter ne voudraient-ils pas de cette impertinence-là ? Cette façon de prendre à rebours la langue de bois et la pensée convenue, pour échapper aux lieux communs, déconstruire les clichés et introduire le trouble dans le discours dominant ?


Prenons un exemple au hasard : Stéphane Guillon. Sa chronique, le plus souvent, est impertinente. A l’exception de quelques dérapages, quand il s’en prend au physique de Martine Aubry ou de Christine Boutin. Il est alors au cœur du lieu commun machiste que non seulement il ne dénonce pas mais qu’il nourrit. Provocateur, mais pas impertinent. L’impertinence, d’ailleurs, n’est pas synonyme d’humour, comme semblent le penser ceux qui voudraient la cantonner à quelques espaces bien définis, comme autrefois celui des bouffons. Face au poids grandissant de la communication politique, économique ou commerciale, la radio tout comme l’ensemble de la presse ne souffrent-ils pas aujourd’hui d’un manque cruel d’impertinence ? N’est-ce pas plutôt la connivence avec les puissants de la politique et de l’économie que l’on reproche aujourd’hui aux professionnels de l’information ? « Il y a des journalistes qui ont appris leur métier à l’école hôtelière. Ils posent les questions comme on passe les plats. » Cette pointe est de Guy Bedos. Elle est incontestablement imper­tinente. Et, pour cela même, salutaire.

Michel Abescat

Texte intégral à retrouver sur : http://www.telerama.fr/monde/laissez-nous-l-impertinence,41667.php

Voir aussi : http://www.telerama.fr/radio/hees-bien-raisonnable,41586.php

vendredi 22 mai 2009

Let's make money

Si je puis me permettre de vous conseiller un film en ce moment de furia people cannoise : "Let's make money" ne vous apprendra peut-être pas grand chose sur les dessous de la mondialisation néo-libérale, mais sait-on jamais. Ca dure environ 2 h (on y entend anglais, allemand, espagnol. VOST conseillée pour ceux qui ne comprennent pas ces 3 langues). Les perspectives sont sombres, si l'on en croit ce député allemand que je "soupçonne" d'être encarté à Die Linke (le parti de gauche d'Oskar Lafontaine). Je pensais à ce concept de barbarie humaine , et puis, non, ça ne pouvait pas s'appliquer là. Et patatras, ce député allemand vous le dit, c'est inéluctable.
Oeuvrons chaque jour pour un autre monde. Yes we can ...

Télérama n°3092, page 57, avril 2009 :
Après "We Feed the World", documentaire évènement sur notre alimentation, le réalisateur Erwin Wagenhofer revient avec "Let's Make Money". Le film suit notre argent à la trace dans le système financier mondial. Ce documentaire impressionnant est le tout premier film à démonter les bases du système libéral et ses conséquences humaines, démographiques et écologiques.

CRITIQUE Télérama bien

Erwin Wagenhofer : la bête noire des néolibéraux de tous poils. Après We feed the world, film-événement sur les dérives peu ragoûtantes de l'industrie agroalimentaire, le réalisateur autrichien continue sa croisade. Dans son collimateur, cette fois, l'argent, le nerf de la guerre. Annonçant la crise des « subprimes », Let's make money démonte un à un les circuits tortueux de la finance mondiale. Des mines d'or du Zaïre au paradis fiscal des îles de Jersey, ce road-movie documentaire prend la forme d'une course-poursuite sur les traces des fonds monétaires internationaux.

Que devient notre pécule une fois mis en banque ? A quoi jouent les banquiers ? A qui profitent les intérêts ? Au fil de sa démonstration, l'ex-journaliste pointe les conséquences concrètes d'une économie démente régie par la cupidité : tramways viennois privatisés, milliards de dollars dormant au soleil, « assassins économiques » missionnés par les pays riches pour saigner le tiers-monde endetté.

Le capitalisme financier, ce concept ô combien abstrait, prend corps, littéralement. On le croyait sans visage et voilà qu'on le croise en personne, sous les traits d'un investisseur autrichien contemplant, depuis l'habitacle climatisé de son 4 x 4, une main-d'oeuvre exotique et bon marché. Des aigles de la finance perchés dans leurs gratte-ciel aux enfants d'Afrique trimant dans les champs de coton, le film dénonce l'inégalité flagrante d'une machine à spolier. D'un plan à l'autre, deux mondes irréconciliables semblent se regarder en chiens de faïence : le « penseur » néolibéral, confit dans le confort d'un palace suisse, et le petit garçon qui fait planer son cerf-volant sur un bidonville de Bombay.

Rien de manichéen, pourtant, dans cette enquête altermondialiste. Rigoureux, synthétique, didactique, Let's make money s'attaque à l'opacité du système complexe qu'il décrit. Pour traquer ses moindres aberrations, Erwin Wagenhofer va jusque sur les terrains de golf de la Costa del Sol, là où la bulle immobilière n'en finit plus de gonfler. Complexes touristiques fantômes, littoral défiguré, ressources énergétiques gaspillées : quelques vues aériennes, accablantes, suffisent à résumer l'absurdité d'un système soi-disant pragmatique.

Subtil jusque dans sa façon de manier l'ironie, le cinéaste filme ses interlocuteurs dans les transports (taxi, avion, train, téléphérique), comme pour se moquer de ces hommes pressés, pour qui le temps reste encore et toujours de l'argent. Mais c'est aussi à nous, citoyens ordinaires des pays riches, que s'adresse Let's make money. Plaidoyer pour une redistribution équitable des richesses, il nous pose à tous cette question existentielle : est-ce qu'être c'est avoir ?

Mathilde Blottière

samedi 18 avril 2009

Hola Rafael ! un gran abrazo !



"J'assiste, fiévreux, à l'agonie du capitalisme, qui ne s'est jamais soucié de l'héritage qu'il laisserait aux nouvelles générations. Aujourd'hui, l'objectif, c'est prendre du fric, le maximum, tout de suite, vivre le plus vite possible, et au diable les lendemains ! Sans doute suis-je inadapté à notre société. J'ai un handicap : je ne crois pas à la consommation, à la culture prédigérée. Je suis un has been !

Un de mes anciens professeurs m'a tancé : ton livre est sans espoir ! J'ai râlé : mais moi, je ne suis ni curé ni politicien. Qui serais-je pour porter un drapeau, dicter des lois, une morale ? Vas-y, toi ! Un romancier n'est pas un curé qui s'adonne aux sermons de pacotille, s'évertue à nous faire croire aux mérites d'un paradis vertueux. Un romancier n'est pas un homme politique qui, tout à sa propre gloire, entonne de fausses promesses, utilise un langage vulgaire. Un romancier n'est pas un psychiatre qui diagnostique le mal et tente de le soulager. Un romancier raconte le monde tel qu'il est, avec sa matière à lui, les matériaux qu'il s'est forgés.

Pourquoi parlez-vous de « livre testament » ?

J'ai 60 ans. Je crains fort que Crémation ne soit mon testament. Un roman sur les folies du XXe siècle, sur nos amnésies, sur l'échec de nos utopies, qui brasse la Bible et le Petit Livre rouge de Mao. Nous avons joué avec nos rêves comme des gamins sans cervelle, bouffant le présent sans songer à l'avenir. Après la chute de Carthage, les Romains ont répandu du sel afin que rien, jamais, ne puisse repousser sur son sol. Qu'avons-nous fait de nos désirs, de nos révolutions, de la lutte des classes ? Le prolétariat n'a plus d'existence parce qu'il est devenu muet. Nous sommes entrés dans l'ère de l'insignifiance. Quelles sont nos utopies aujourd'hui ? Nous avons besoin de penser ensemble pour avancer dans ce monde, d'imaginer une idéologie – un mot qu'il ne faut plus employer ! – pour imaginer nos lendemains. Je suis, et veux rester ce vigneron – de Bordeaux, par exemple, parce que j'aime ce vin-là ! – qui plante des vignes en pensant simplement à ses enfants, à l'avenir. "


Rafael Chirbes, 60 ans, écrivain, espagnol, dans une très belle interview Télérama. Ecrivain à la vision aiguisée. Ecrivain révolté. Ecrivain sans concession. Ecrivain bien loin des pseudos- intellos français des salons parisiens. Une parole vraie, engagée, sincère qui montre le vrai visage de la culture, en tout cas un visage qui me touche.

petite blague africaine

Un prêtre catholique en visitant la jungle s’est perdu et s’est retrouvé nez à nez avec un lion. Effrayé, il dit : « bon Dieu ! Faites que ce lion devienne chrétien ». Et le miracle s’accomplit. Le lion s’agenouille et dit : « Seigneur bénisse ce repas… ». Imagine la suite.

SEDIENGUE IBRAHIM DAGNOGO
Communicateur social
(africain d'Afrique Noire, de ceux dont notre Prez disait à Dakar qu'ils ne savaient pas se projeter dans l'avenir, et vivaient benoîtement dans la brousse .... j'imagine assez bien Benoit XVI Ratzinger dans la situation sus-mentionnée, la capote à l'index)

vendredi 10 avril 2009

L'excité de l'Elysée ...

Après le coup de gueule suite à la panne de l'A 319 présidentiel (Mr le prez, au fait, un avion est un système complexe mécanique, électrique, hydraulique. Un système qui peut tomber en panne, connaître diverses avaries. Celle que vous avez vécu arrive environ 2 fois par mois sur la flotte du groupe Air France), voici le coup de gueule contre ces cochons de députés qui ont rejeté hier en commission mixte le texte liberticide que vous vouliez imposer au pays. Vous aviez déjà tancé Juan Manuel Baroso à l'automne dernier, afin que ce dernier fasse pression sur la commissaire européenne s'occupant du "paquet télécoms" pour retirer des amendements qui venaient d'être votés par le Parlement Européen. Ces amendements vous empêchaient de conserver l'esprit du texte HADOPI. Le parlementarisme ça vous hérisse. La liberté de la presse, ça vous insupporte. Les syndicats et les partis dits de gauche, ça vous met en pétard. Les députés UMP pas godillots, ça vous fait sortir de vos gonds. Les manifestants pacifiques arborant des T-shirts anti-Sarko, ça vous fait péter les plombs. Nousd lisions dans le dernier Canard Enchaîné que "vous aviez la banane mais que la France est au régime". En tout cas, pas au régime sevrage du Sarko-communicant. A la mode Bouteflika, Nicolas, par-ci, Nicolas par-là. Insultant en janvier dernier les chercheurs français avec des propos scandaleux, mensongers et montrant une fois encore votre totale méconnaissance des sujets. Vous êtes inapte à la fonction présidentielle. Gravement névrosé, vous mettez le pays à sac, votre majorité se délite. Vos comportements outranciers exaspèrent. Vous tentez de maîtrisez les médias pour que de cela rien ne se sache, pour apparaître comme le président cool-zen-lexomil des Guignols de l'Info. Les journalistes de France 3 avaient bien apprécié vos propos en coulisse d'une émission de feue la campagne électorale minable de 2007 : narquois ("ça va changer, ça va changer"), méprisant, agressif. Tout cela avait été filmé et transmis à Rue89. Qu'elle ne fut pas alors votre réaction. Il fallait retirer cette vidéo du net, sanctionner les journalistes de France 3. L'affaire fait toujours grand bruit. Depuis, un ex-directeur en chef de rédaction a été molesté par la police dès potron-minet. Intimidations en tout genre (mises en examen multiples de citoyens hébergeant des sans-papiers. Bravo pour la fermeture du centre de Sangatte. Une vraie réussite), déboulé en toute illégalité de la police strasbourgeoise avant le sommet du G20 pour faire retirer des drapeaux accrochés aux balcons. Mais le respect de la constitution, le respect des institutions, la légalité, ça n'est pas franchement votre truc, hein ? non, vous c'est plutôt "qui sont ces connards qui me font chier". Amis de la poésie bonsoir.

Social-démocratie ???

Alors donc cette crise profonde que le système capitaliste traverse serait la preuve de la victoire idéologique des sociaux-démocrates. Mieux vaut en rire. D. Strauss-Kahn il y a peu, le philosophe Alain Finkelkraut ce midi sur France Culture, et d'autres encore, nous le dise : nous vivrions le moment de la défaite du capitalisme thatchéro-reagagnien, et son pendant, la victoire de la social-démocratie. Hi, hi, hi, rions un peu de ces bouffons, hier encore thuriféraires de la pensée crasse pseudo néo-libérale. Hier encore, mettant en oeuvre la dérégulation des marchés financiers (les acteurs majeurs en France étant feu Pierre Bérégovoy, Jean Charles Naouri, énarque prédateur, Laurent Fabius, et Dominique Strauss-Kahn; tous encartés au Parti Socialiste ....). Dérégulation qui a ouvert la voie aux capitalistes avides de toujours plus et de toujours moins. Toujours plus d'argent dans leurs poches sans fond, toujours plus de contraintes sur les salaires et les conditions de travail. Toujours moins d'interventionnisme étatique, de bouclier social. Eh bien non, la social-démocratie, au pouvoir en Europe de l'Ouestdepuis une vingtaine d'années a échoué. Elle a été accompagnatrice de la mutation du capitalisme d'entrepreneurs vers le capitalisme financiarisé. Elle a mis en place le laisser-faire au seul profit des plus riches. Nous vivons la déliquescence douloureuse d'un système pervers, d'un système où la quête de l'argent justifie tout, où l'éthique n'a pas sa place. Où l'on en appelle à l'Etat quand on est en difficulté (le baron Ernest-Sellières en France pour ne citer que lui), et on l'on tente par tous moyens d'échapper à l'impôt, où l'on amasse des sommes astronomiques en appelant à toujours moins d'Etat-Providence. Illustration maintes fois vue du "privatisons les bénéfices/nationalisons les pertes". Les patrons de PME sont de plus en plus nombreux à tancer le MEDEF, vitrine du grand patronat. C'est dire si la situation devient alarmante. La transition vers un autre équilibre sera longue, violente, incertaine. Que l'on ne s'attende pas au pays des bisounours.

La social-démocratie a dans ses fondements accepté la logique du marché tout puissant, en espérant redistribuer les fruits de la croissance (le gâteau aux copains, les miettes aux vilains). Ce dogme de la croissance du PIB a eu tellement d'impact sur nos modes de pensée, nos modes de vie, qu'il est difficile de faire entendre le discours de la nécessaire décroissance.