lundi 24 novembre 2008

India Shining ???

le fameux slogan électoral de la campagne législative indienne de 2004 a fait long feu. Utilisé par le parti Hindou radical nationaliste (BJP, Bharatiya Janata Party), il aurait du permettre selon les experts en marketing politique, une large victoire du BJP, profitant opportunément de la déréglementation imposée par le FMI et mise en pratique, et d'une mousson exceptionnelle. Hélas, les augures s'étaient rétamées une nouvelle fois, et le Parti du Congrès remporta largement ces élections générales. Rendez-vous en mars 2009 pour la prochaine édition, sur fond de tensions ethniques exacerbées.
Qu'en est-il de cette Shining India ? d'aucuns se sont réjouis de la montée d'une classe moyenne (je pense aux gens qui ont le coeur, et surtout le porte-monnaie, à droite). Elle est estimée à environ 300 millions d'âmes. Cette classe moyenne soutient la sacro-sainte croissance du PIB. Le PIB bénéficie grandement de l'explosion de l'outsourcing pratiqué par les grosses et moyennes entreprises occidentales, trouvant là-bas une main-d'oeuvre qualifiée et peu payée (comparativement à leurs homologues occidentaux à diplôme équivalent). La classe moyenne est avide de consommer, se contente d'un bambin (enfant-roi ....). On construit pour elle des nouveaux quartiers en périphérie des grandes villes, des centres commerciaux à la mode USA (mall). Quelles valeurs sont portées par cette classe ? on peut s'inquiéter de l'occidentalisation des mentalités.
Au même moment, les chiffres sont incertains, environ 400 millions d'âmes vivent avec moins de 1 $ US par jour (soit environ 50 roupies). Le système des castes a été interdit par la loi, mais bien évidemment les mentalités n'évoluent pas sur le tempo dicté par les parlementaires. D'autant plus que le pays est ultra-religieux, et que le système de caste est fortement couplé à l'hindouisme tel que pratiqué en inde, dans sa diversité extrême. Disons que la dévotion des pélerins fait peur : on a l'impression, que comme ici les catholiques, le rite et le rituel ne sont plus compris dans leurs fondements spirituels et initiatiques, mais répétés par pur respect de la tradition. Toutes les religions subissent ce même avilissement des consciences.
Le développement, après l'indépendance de 1947, d'une agriculture productiviste que ne renierait pas la toute puissante FNSEA française, a certes permis une auto-suffisance alimentaire, mais à quel prix pour l'environnement. Quand sont arrivés les OGM, patatras, la condition paysanne s'est encore dégradée. Ici comme ailleurs, les OGM ne tiennent aucune ment leur fausses promesses : baisse des rendements, dépendance des paysans aux semenciers mondiaux, baisse dramatique de la bio-diversité. Bien souvent les paysans travaillent une terre qui ne leur appartient pas, et seule une partie de la récolte leur revient (le reste allant pour rembourser les prêts accordés à des taux usuriers par de riches marchands. Comme ceux-ci payent à vil prix les artisans/producteurs, on ne s'étonne pas de leur richesse financière, couplée à une sécheresse du coeur).
Quand un pays a parfois plus de considération pour certains animaux que pour certains hommes et femmes, quand l'environnement est sacrifié sur l'autel de la productivité, quand la corruption gangrène le pays, quand les tensions inter-ethniques s'accroissent, il est proprement honteux de parler d'un pays qui brille, qui réussit.
Le pays est particulièrement paradoxal, nous a-t'on dit. Je n'aurais pas la prétention d'en avoir compris ne serais-ce qu'un petit bout. Je crois qu'un bon moyen de découvrir le pays est de pratiquer le darshan, à l'indienne. Regarder , regarder, mais pas avec ce regard propre, ou presque, aux occidentaux, qui juge, qui attend. Donner sans rien attendre en retour. En n'expérimentant, exclusivement hors de l'Occident, des relations humaines fraternelles, sincères, il m'a été donné de garder un faible espoir en l'humanité.


Merci à Geneviève ROUY pour ses éclairages sur la société indienne, que j'ai fort maladroitement tenté de digérer après trois semaines de périgrinations rajasthanaises.


Pour aller plus loin :
* http://en.wikipedia.org/wiki/India_Shining
* http://blogs.expressindia.com/showblogdetails.php?contentid=276913

samedi 22 novembre 2008

A l'attention des militants socialistes , et des autres ...

NOTRE DEVOIR
Notre devoir est haut et clair :
toujours propager l'idée,
toujours espérer,
toujours lutter jusqu'à la définitive victoire de la démocratie socialiste internationale,
créatrice de justice et de paix"
Jean JAURES
(extrait d'un discours pour Berlin, annulé, Jaurès s'étant vu interdit d'entrée sur le territoire du Reich. Publié dans L'Humanité du 7 juillet 1905.

LES LUMIERES
"Qu'est-ce que les Lumières ? La sortie de l'homme de son immaturité dont il est lui-même responsable. Immaturité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d'autrui, immaturité dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières !"
Emmanuel KANT, réponse à la question : qu'est-ce que les Lumières (5 décembre 1783)


Pour aller (un) plus loin :
* http://www.marxists.org/francais/general/jaures/works/1905/07/jaures_19050707.htm
* Discours intégral de Jaurès : http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2506327.image.f1.langFR, page1 puis suite en page 2.
* http://www.ac-creteil.fr/lycees/94/ccolombsucy/projets/philo/kant_sapereaude!.htm

dimanche 26 octobre 2008

Le camarade Sarkozy se rapproche du socialisme ...

Suite à un message provocateur d'Etienne :
Discutons en, camarade !
>> Lire:
>> http://www.liberation.frmonde/0101164783-chavez-le-camarade-sarkozy-se-rapproche-du-socialisme

Voici ma réponse :
Chavez a dit que Nicolas Sarkozy était en train de "se rapprocher du socialisme" et était invité à discuter de l'élaboration d'un "nouveau système" pour faire face à la crise financière.

C'est une position ambivalente, assez classique chez Chavez, d'un naturel provocateur. Mais c'est bien éloigné de mes propres positions, bien que non opposées au socialisme du 21e siècle. Encore faudrait-il que le corpus idéologique de ce nouveau socialisme soit clairement défini, ce que Chavez se refuse à faire depuis 10 ans. Il a d'ailleurs eu comme conseiller un de ses multiples "traîtres" à la cause socialiste internationale, Heinz Dieterich (usant de la tactique éculée du cheval de Troie). Pour paraphraser maladroitement Mon Général, "il ne suffit pas de crier "socialisme du 21e siècle, socialisme du 21e siècle, socialisme du 21e siècle"", en sautant comme un cabri", pour être fidèle aux idéaux communistes. Il faut tout autant être capable de prendre ses distances avec une pensée qui n'avait pas les moyens de prendre en compte les ravages environnementaux du capitalisme, la marxisme originel s'étant bâti sur la révolution industrielle. Apporter des milliards d'euros à ses amis banquiers n'a rien de socialiste. Quand on n'a pas été capable de financer le RSA malgré des mois de discussions/tergiversations, et que l'on trouve en un week-end 6 fois plus de tunes pour tenter désespérément de sauver un système capitaliste en pleine folie auto-destructrice, il ne s'agit même plus d'être pris en flagrant délit d'incohérence idéologique mais il s'agit bien plus d'une mystification de bas étage. Mais , selon une théorie en vogue, les crises à répétition sont consubstantielles du capitalisme, qui renaîtrait périodiquement de ses cendres. Sauf que l'on voit bien que dans ces crises, tout le monde ne se retrouve pas en slip. Il y a tout ceux qui profitent des faillites des banques et des entreprises, des gens jetés à la rue (cf entres autres , les centaines de milliers d'américains qui ont perdu leur maison en 2007/2008), pour amasser encore plus d'argent.

Notre devoir
notre devoir est haut et clair : toujours propager l'idée, toujours espérer, toujours lutter jusqu'à la victoire de la démocratie socialiste internationale, créatrice de justice et de paix.
Jean Jaurès

Je suis prêt parier que Nicolas Sarkozy, qui a nommé si souvent durant sa campagne Jaurès, Mendès et Blum, n'a jamais lu ces lignes, toutes empreintes du feu sacré et de la foi laïque qui animait l'authentique camarade Jaurès. Ni ces lignes, ni aucune autre de Jaurès, Mendès, Blum, Hugo, La Boétie etc ...
La ligne politique de N.S. : mensonges , trahisons, coups bas, démagogie populiste, arrivisme. Les français en ont majoritairement voulu ainsi, en partie par cécité politico-historique, en partie par adhésion sincère à un "american dream" bleu/blanc/rouge, bâti sur des valeurs profondément individualistes et matérialistes. Bâti sur des aspirations prosaïques. On sait que mes valeurs ne sont pas celles-là. On sait que mes aspirations ne sont pas de cette veine là. Chacun son chemin.

Le socialisme du 21e siècle ne peut se concevoir que dans une stricte fidélité aux idéaux socialistes, à la méthode et aux objectifs socialistes, tels que débattus au 19e (sous la houlette de Karl Marx). Le dévoiement profond de ces idéaux par tous ceux qui s'en sont réclamé, fut-ce pendant 20 ou 30 ans, avant de lâchement s'abandonner aux sirènes du capitalisme et de la vie petit-bourgeoise, ce dévoiement petit-bras, précédé par l'expérience totalitaire soviétique et ses avatars asiatiques, ont accrédité à la fin du 20e siècle la thèse TINA. Que l'on se souvienne de ceux qui ont bâti le programme du CNR du 15 mars 1944 : ceux-là n'envisageaient aucune forme de renoncement. Leur vie toute entière fût consacrée à la mise en pratique de leurs idées. Que faut-il faire en ce début de 21e siècle : pas de compromission avec les oligarchies (cf Russie, Bolivie, Vénézuela) et la bourgeoisie et la petite bourgeoisie (cf gouvernements Lula Da Silva, Chavez, Morales) mais pas de haine non plus envers ces groupes humains, nationalisation des moyens de production (sans compensation, autant que faire se peut; encourager l'auto-gestion, les coopératives locales ou régionales), indépendance des organes de presse nationaux et régionaux, réforme profonde de la PAC avec retrait rapide des subventions aux exploitations productivistes et transfert de cet argent vers un plan d'évolution sur 5 ans vers l'agriculture biologique (sur la base du volontariat), réforme de l'ONU, grand plan d'éducation populaire (visant à développer l'esprit critique, à redonner goût aux carrières scientifiques), abandon du système bi-camériste (conçu dès l'origine par Napoléon pour neutraliser les saillies réformatrices et progressistes), développement du frêt ferroviaire au détriment du frêt routier et aérien dans le cadre d'une vaste refonte du système commercial mondial (taxations progressives pour décourager les anciennes pratiques prédatrices et faire décoller le commerce équitable), faire respecter le droit du travail à l'échelle européenne et mondiale, arrêter toute politique néo-impérialiste dans la cadre d'une vaste refonte de la diplomatie mondiale. Les chantiers sont multiples, la transformation collective de la société ne se concevant que dans une vision à long-terme (s'opposant ainsi à des politiques menées à la petite semaine, sans cohérence, sans souffle véritable propre à redonner non seulement un espoir, mais à transformer la société en profondeur). Ce projet est porté par trop peu de gens pour devenir réalité. Il n'en reste pas moins du devoir de tout socialiste sincère de poursuivre le combat des idées, dans la fidélité à nos anciens, dans le respect des combats sociaux et sociétaux passés. Se changer d'abord avant d'espérer un changement global. Débuter le chantier de sa transformation individuelle (mais non individualiste) en croyant à l'utopie d'un monde meilleur. Non pas pour se donner bonne conscience, mais parce qu'au fond de soi, l'on sait que ce combat est juste et indispensable.

Amitiés socialistes.

Eric.

(ébauche à peaufiner)

Pour aller plus loin :
* Reformism or revolution, marxism and socialism of the 21st century", Alan Woods, wellred books (wellred.marxist.com)
* chronique d'Edwy Plenel du samedi 25 octobre 2008, France Culture (à podcaster jusqu'au samedi 31).

dimanche 5 octobre 2008

Parangons de vertu ... rions un peu

D'après LCI :
Lors du mini-sommet convoqué à Paris par N.S. , les dirigeants politiques présents ont appelé "à un sommet international le plus tôt possible sur la refondation du système financier". "Cette refondation s'organisera autour des principes suivants: tous les acteurs des marchés financiers devront être régulés ou surveillés et pas seulement les banques commerciales". Le mini-sommet constituait la première étape de l'hypothétique "remise à plat" du système financier international que Nicolas Sarkozy a proposée à ses pairs.

Nous voilà donc face à une énième crise du système financier mondial, et nous voilà donc face aux mêmes pseudos bonnes résolutions de "transparence, régulation" de ce système opaque et dérégulé. Nous voilà face à ces pseudos paragons de vertus, Sarkozy, Berlusconi et Brown en tête (je mets Angela Merkel dans un autre panier que celui contenant parmi les plus véreux politiciens européens). Ils ont enfin compris, enfin prétendument. A chaque crise, les mêmes discours convenus : "Nous vous avons compris" lancent-ils unanimes aux peuples inquiets. Ben voyons mon colon. Et que va-t'il se passer : poursuite des plans de privatisations (afin de récupérer, très temporairement, du cash), poursuite du démantèlement des derniers espaces de l'Etat providence, casse sociale et environnementale généralisée. Jusqu'à la prochiane crise (celle des LBO ou de je ne sais quel junk fund). Le même bal de faux-culs sera convoqué. Tous se prétenderont partisans d'une voie médiane entre (ce sont les mots de F. Fillon devant un parterre de gogos UMP) "le capitalisme dévoyé et le dirigisme socialiste". Qui peut croire que N.S. souhaite une remise à plat du système financier mondial ? qui peut croire que ce nabot a les moyens de convaincre ses partenaires ? qui peut croire que des législations contraignantes seront adoptées par les différentes "représentations nationales" (les guilemets sont nécessaires tant les députés ne représentent plus dans leur majorité que leur propre caste, celle des nantis) ? nul citoyen éclairé ne croira ces balivernes. Just bullshit !

mercredi 1 octobre 2008

Les Etats-Unis Socialistes d'Amérique ....

Mais dans quelle état de confusion idéologique ce monde est-il tombé ? d'après le Monde Diplo, mon agriculteur bio colombien favori, et d'autres s'exprimant en Europe ou aux Etat-Unis, le fait de prendre dans la poche des contribuables pour renflouer des établissements bancaires sous le coup de quasi faillite serait une mesure "socialiste". Oh là, mais relisez vos classiques ! tout ça ne contient pas une once de socialisme (socialisme du 19e, du 20e ou du 21e siècle). Les motivations du clan Bush, des pseudos-travaillistes UK (caisse d'épargne) et du Benelux (banque Fortis), ne sont aucunement inspirées par des lectures socialistes de la situation mondiale du capitalisme financiarisé devenu quasi incontrôlable. Il s'agit pour tous ses beaux messieurs en cravate de faire un enième énormissime cadeau à leurs copains coquins, tous empêtrés dans les crises des crédits immobiliers à risque, des LBO (Levereage Buy Out) et autres hedge funds. Ces messieurs ne veulent pas se résoudre à voir dans les évènements récents, les prémices d'une crise létale du capitalisme dévoyé."Cash for trash" that's what it is. Quelle honte de proposer un plan Bush/Paulson prêt à gaspiller 700 milliards de dollars pour payer les pots cassés de banquiers avides et corrompus. Nationalisation sans compensation : voilà la seule mesure socialiste à appliquer. Que ces beaux messieurs qui ont tant profité de la crédulité, de l'avidité, de la cupidité de tant de "petits" épargnants qui ont cru bon donner leur argent à ses fumistes de banquiers : la retraite part en fumée, le plan de financement des études du gamin part en fumée, etc ... mais puisque le rêve américain était tant lié à cet attrait pour la réussite sociale, que tous ces gens assument leurs convictions capitalistes. Que personne ne leur viennent en aide. Qu'ils en crèvent de leur capitalisme prédateur, impérialiste, petit-bourgeois, aliénateur. Ils ont tant haï les politiques keynesiennes qui ont donné des périodes durant lesquelles l'Etat américain fut de loin le plus interventionniste, durant lesquelles les impôts divers étaient aux taux réels les plus élevés, durant lesquelles le progrès social fut possible et l'économie la plus florissante : il faut rétablir les faits et non se laisser bercer par les historiens ou politiciens révisionnistes qui éructent à toute hausse des impôts fusse à des fins de redistribution, de politique sociale et culturelle volontaristes et non idéologiques.
Qui dispose aujourd'hui des outils de compréhension de cette crise ? est-on citoyen si l'on se contente de vilipender les margoulins qui ont dilapidé l'argent des épargnants, qui se sont octroyé des rémunérations scandaleuses ? Les marxistes eux sont bien équipés intellectuellement. Ils analysent depuis plus de 150 ans le système capitaliste. Eux ne sont pas surpris ni désemparés face à la crise majeure actuelle. Combien de tant va t'il encore falloir subir les réalités cyniques du "nationaliser les pertes, privatisons les profits" (Mais que fit notamment le gouvernement de Gordon Brown : il nationalisa les créances douteuses et transféra à la banque privée espagnole Santander les actifs "sains")? combien de temps avant une conscientisation des masses ? combien de temps avant que les hommes et les femmes refusent que d'autres fassent des choix pour eux (sur les plans politiques, consuméristes, culturels, informationnels) ? combien de temps avant que les hommes et les femmes refusent les multiples chaînes de leur aliénation ? combien de temps avant que les hommes et les femmes expulsent leur part d'animalité et se relèvent, hommes et femmes libres, responsables de leurs choix, de leurs actes, de leurs destins ? combien de temps ? Les maçons nous rappelent que lorsque le temps s'assombrit, que les ténèbres de l'animalité étalent leur sinistre emprise le monde entier, ceux qui sont lucides se doivent d'afficher plus ouvertement leurs convictions humanistes. Que ces mesieurs et dames se reconnaissent et agissent. Je n'ai pas la prétention d'être suffisament évolué pour me joindre efficacement à leur juste combat pour l'émancipation, pour l'élévation morale et spirituelle de l'ensemble de la race humaine. Mais que l'on ne se trompe pas, le moment est extrêment grave. L'élection d'un Nicolas Sarkozy pour le petit pays qu'est la France, la récupération des thèses de l'extrême-droite, constituaient un changement de cap brutal vers l'animalité, la brutalité, le cynisme, l'immoralité , l'amoralité même, le mensonge d'Etat comme mode de fonctionnement (cette pratique du mensonge d'Etat n'est par récente, ici comme ailleurs, elle n'en est pas moins abjecte et inacceptable). Ce moment de mai 2007 était, je l'avais pressenti comme tant d'autres, un moment de basculement, non point de rupture comme il fut prétendu. Mais ce basculement vers les ténèbres politiques, vers l'avillissement de plus en plus prégnant (mass-media, cinéma, littérature, musique, consommation). Ne rejetons pas pour autant sur les autres (Bush, sarkozy) ce qui est de notre responsabilité à chacun. L'examen de conscience sera d'autant plus douloureux qu'il sera retardé par mièvrerie, couardise, fanéantise.

(ébauche à compléter).

Pour aller plus loin :
* NY Times : http://www.nytimes.com/2008/09/22/opinion/22krugman.html, Paul Krugman , 21 sept. 2008.
* Business Week, http://www.businessweek.com/magazine/content/08_31/b4094036650513.htm?chan=top+news_top+news+index_top+story
* Democracy Now (réseau d'information alternatif aux US), http://www.democracynow.org/2008/9/25/cash_for_trash_personal_junk_in
* Le Monde Diplomatique , Octobre 2008, "Sauver les ban,ques du désastre, Le jour où Wall Street est devenu socialiste", Frédéric Lordon (économiste)
* La Riposte : http://www.lariposte.com/La-crise-du-capitalisme-mondial-1086.html

dimanche 14 septembre 2008

Du rififi en Bolivie. Tu te casses de Caracas ...

Une pièce en plusieurs actes, mettant aux prises, dans le plus pur style "lutte des classes", les forces progressistes (plus ou moins) sud-américaines et les forces réactionnaires des droites sud-américaines et nord-américaines.
Le 22 août dernier, Jorge Martin publiait un article détaillé sur la situation en Bolivie :

Après avoir largement remporté le référendum du 10 août, le président de la Bolivie, Evo Morales, a proposé à l’oligarchie de négocier. Comme il fallait s’y attendre, l’oligarchie a répondu à Morales par une nouvelle offensive contre le gouvernement démocratiquement élu, en utilisant tous les moyens à sa disposition : la violence, les gangs fascistes, le sabotage économique, etc.

La nuit du référendum lui-même, Ruben Costas, le préfet de Santa Cruz – et l’une des principales figues de l’opposition de droite – a déclaré que les résultats confirmaient son projet réactionnaire sur « l’autonomie » de Santa Cruz. Il a annoncé qu’il allait commencer à promulguer ses propres lois et mettre sur pied des forces de police et un agence fiscale départementales. Cette provocation montre que la classe dirigeante cherche à prendre le contrôle de l’appareil d’Etat dans le but d’empêcher tout changement, dans le pays.

Quant aux préfets réactionnaires de Tarija, Pando, Beni et Chuquisaca, ils ont finalement accepté de rencontrer des représentants du gouvernement central, mais ce ne fut qu’une formalité. Au bout de quelques heures, ils ont quitté la réunion en déclarant qu’ils ne reprendraient pas les négociations. Puis ils ont annoncé une « grève civique » – en réalité, un lock-out patronal – pour le 19 août.

Je ne puis évidemment que souscrire à l'analyse : la droite attend toujours que l'adversaire soit faible, qu'il se résigne. C'est au coeur du projet des ultra-libéraux et ils l'ont écrit, mais c'était il y a si longtemps, et puis ça demande une certaine activité neuronale. Bref, c'est un sujet "prise de tête" pour reprendre un expression en vogue dans divers milieux socio-professionnels de ce pays. Ce projet ultra-libéral (quoique je conteste vivement que ce projet revête un caractère peu ou prou libéral, au sens original du terme) vise à affaiblir les syndicats ou à les rendre dociles, à affaiblir la classe ouvrière ou à la rendre docile (lire Milton Fridman - Capitalisme et liberté, La liberté du choix ou La constitution de la liberté ou Droit, législation et liberté , Friedrich Hayek - La route de la servitude). Mais les peuples sud-américains ne sont pas prêts à renoncer à la légitime lutte pour leurs droits fondamentaux. Les fascistes boliviens ayant fait feu de tout bois ces derniers mois pour renverser Evo Morales, ce dernier a fini par expulser l'ambassadeur US. Il est acquis que ce malfaisant est un agent actif au sein du mouvement structuré de la sédition fasciste bolivienne, avec le support actif de la CIA (spécialisée dans les coups tordus depuis 60 ans : on ne compte plus les assassinats, enlèvements, renversements de Présidents socialistes. J'ai déjà écrit sur le sujet il y a quelques mois). En réplique, les Etats-Unis ont renvoyé l'ambassadeur bolivien dans son pays. Par solidarité, et par provocation sans doute, le Président vénézuélien, le bouillonnant Hugo Chavez Frias, vient de donner 72h à l'ambassadeur US Goldberg (déjà bien connu pour ses agissements douteux dans ce qui était la future ex-Yougoslavie), pas seulement devenu une pétaudière par la volonté pan-slave de Slobodan Milosevic et ses amis) pour quitter Caracas, et a demandé à Victor Guzman, ambassadeur vénézuélien aux Etats-Unis de rentrer au pays, dans le cadre d'une refonte des rapports diplomatiques entre les deux pays. Les propos très durs de Chavez ne sont pas forcément de la meilleure veine, ni dignes d'un Président, mais il faut tenir compte du contexte local avant de se permettre de porter un quelconque jugement :
"¡Váyanse al carajo, yanquis de mierda, que aquí hay un pueblo digno. Váyanse al carajo 100 veces!" peut être traduit pour les non-hispanophones par « Allez vous faire foutre, Yankees de merde ! ici il y a un peuple digne. Allez vous faire foutre 100 fois !»
"Ya basta de tanta mierda de ustedes, yanquis de mierda" Il y en a assez de tant de votre merde, Yankees de merde.

Ya basta : oui, ça suffit, on en conviendra, de la volonté néo-impérialiste de faire main basse sans relâche sur les ressources de la terre, situées sur des terres étrangères (Asie Centrale, Amérique du Sud, ). En cas d'agression américaine, Chavez a annoncé à une foule enthousiaste que la livraison d'hydrocarbures vers les Etats-Unis (clients institutionnels et privés) seraient interrompues : "Si viniera alguna agresión contra Venezuela, pues no habrá petróleo para el pueblo ni para el gobierno de EEUU. Nosotros, yanquis de mierda, sépanlo, estamos resueltos a ser libres, pase lo que pase y cueste lo que nos cueste" qui se traduit par : Si une agression contre le Vénézuela survient, il n'y aura plus de pétrole ni pour le peuple ni pour le gouvernement US. Nous, Yankees de merde, sommes résolus à être libres, qu'il se passe ce qui doit se passer, et que cela nous coûte ce que cela doit nous coûter.

Derniers évènements en Bolivie, en situation quasi-insurrectionnelle :
AFP 12/09/2008 :
« Depuis quatre jours, des heurts et des manifestations sporadiques se poursuivent dans les cinq régions de Santa Cruz (Est), Tarija (sud), Beni et Pando (nord) et Chuquisaca. "Je ne vois pas comment cela peut s'arrêter, il s'agit de groupuscules et de commandos très organisés", explique à l'AFP Franck Poupeau, un sociologue de l'Institut français d'études andines (IFEA) basé à La Paz. Dans plusieurs régions, les manifestants anti-gouvernementaux se sont emparés de bâtiments des douanes, des impôts, de centraux téléphoniques ou même de petits aéroports." Ces prises d'institutions publiques n'ont rien de mobilisations populaires, ce sont de petits groupes très organisés", remarque M. Poupeau qui ne voit pas dans l'immédiat de possibilité de dialogue ni de sortie de crise. »

Voila ce que ces "amis de la démocratie" sont prêts à faire quand les résultats des élections leur déplaisent.

Que l'on ne se trompe pas. Les enjeux sont très importants : il ne faut pas regarder cela de loin ou avec la condescendance propre aux Occidentaux. Il y a d'ailleurs un besoin urgent de formation dans le secondaire pour les jeunes, et à destination des masses (on notera l'échec patent d'une organisation comme ATTAC qui avait l'ambition de reprendre le flambeau de l'Education Populaire, abandonné par un PCF morribond) aux cultures, à l'Histoire, aux enjeux modernes des différents pays de l'Amérique du Sud. Idem pour les pays d'Asie Centrale et du Caucase.

Pour aller plus loin :
* Les Etats-Unis et Chavez : l'histoire a-t-elle vraiment changé ? article de Lamia Oualalou du 12 septembre disponible sur Mediapart (abonnés seulement). Avec le vidéo de l'intervention publique d'Hugo Chavez.
*http://fr.news.yahoo.com/afp/20080912/twl-energie-gaz-politique-gouvernement-4bdc673.html
* Hispanophones seulement (désolé ...) : http://www.elmundo.es/elmundo/2008/09/12/internacional/1221177561.html. "Chávez expulsa al embajador de EEUU en solidaridad con Bolivia", un article du journal espagnol El Mundo.
* "Socialism or reformism" : livre de l'analyste marxiste Alan WOODS disponible en espagnol et en anglais

*
biographies succinctes mais pertinentes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek; http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_Fridman

samedi 13 septembre 2008

EDVIGE, comment lui en vouloir ?

Edvige , Comment lui en vouloir
L'illusion est parfaite
Ses ions ses touchantes attentions
Me criblent de rêveries véritables
Je fais comme si c'était pas périlleux
Mais ça me rend chiffon de la savoir
hors d'atteinte , hors de moi, Edvige
Mais saura-t-elle ce que j'éprouve
A séjourner au sein d'un logiciel

(YMDS a eu l'idée avant moi de remplacer Elvire par Edvige dans la chanson d'Alain Bashung, http://racontehistoires.canalblog.com/)

Alors donc, nos syndicats policiers ne comprendraient pas le pourquoi de l'opposition citoyenne à la mise en place d'un nouveau fichier . Serge Portelli vous l'avait dit durant la campagne présidentielle : une fois au pouvoir, débarrassé de certains empêcheurs de fliquer en rond, N.S. allait multiplier le fichage : les enfants "turbulents", par exemple; et maintenant , avec EDVIGE, les orientations sexuelles, religieuses, syndicales, politiques, de tout un chacun , pour peu qu'il soit âgé de plus de treize ans. Merci EDVIGE. On savait déjà que notre police n'avait pas en toute occasion les principes républicains chevillés au corps, mais là on franchit un cap. Laissez nous travailler à arrêter les délinquants et les terroristes, peu importe les moyens, peu importe la profondeur des atteintes au libertés individuelles et collectives.
Heureusement, un mouvement s'est enclenché au sein de ce qu'il est devenu habituel de regrouper sous le vocable passe-partout de " la société civile". La pétition contre EDVIGE a recueilli environ 165 000 signatures en un temps record (http://nonaedvige.ras.eu.org/).

Pour aller plus loin :
* http://nonaedvige.ras.eu.org/
* http://www.service-public.fr/actualites/00930.html